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Alors que le ministre de l'Intérieur français s'étonne de la décision belge, la France est toujours en "État d'urgence", ce qui implique également un contrôle aux frontières...

Depuis ce mardi, la Belgique instaure provisoirement des contrôles à la frontière franco-belge dans le but de faire face à d'éventuels mouvements de migrants en provenance de Calais. Une décision qui étonne le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. "Cette décision est pour nous étrange et ses motivations le sont tout autant", a-t-il affirmé devant les journalistes, lors de son arrivée à Bruxelles pour une réunion européenne largement consacrée à la crise migratoire, ajoutant qu'il n'avait pas été prévenu. Mais aurait-il la mémoire courte ?

En novembre dernier, avant les attentats qui ont durement frappé la capitale française, il annonçait l'intention de l'Hexagone de fermer ses frontières quelques semaines, de manière préventive, en vue de la COP21 (du 30 novembre au 11 décembre). Bernard Cazeneuve justifiait cette annonce choc en invoquant que la présence de 195 pays à Paris faisait peser une importante menace terroriste sur le territoire. Mais ensuite, en détaillant les conditions de cette mesure, il dit, avant d'être coupé : "Nous avons pris la décision, comme cela a été le cas dans d'autres pays au moment de l'organisation de la conférence climat pendant, de procéder à un contrôle aux frontières de telle sorte à ce qu'un certain nombre de personnes susceptibles de porter atteinte au bon déroulement de cette manifestation... " Une mesure qui a été renforcée suite aux attentats du 13 novembre et qui s'est ajoutée aux nombreux autres contrôles instaurés par des pays membres de l'espace Schengen pour tenter de freiner l'arrivée des migrants.

De son côté, Jan Jambon assure que la Belgique a "bien suivi" les procédures prévues par l'Union européenne. "Nous avons eu un contact au niveau opérationnel avec la France et des contacts bilatéraux ont eu lieu entre les Premiers ministres et les ministres de l'Intérieur de France et de Belgique", a-t-il affirmé. La clause de sauvegarde intégrée à l’article 2.2 de la convention de Schengen autorise en effet les Etats à rétablir provisoirement des contrôles aux frontières (ou à les fermer purement et simplement) en cas de circonstances exceptionnelles.