Le Danemark doit rester le Danemark, pas seulement aujourd’hui, demain ou l’année prochaine, mais aussi dans les décennies et générations à venir. Nous devons le "protéger" contre cet "énorme flux de réfugiés qui défie l’Europe et exerce des pressions sur notre société et sa cohésion". Ainsi le Premier ministre libéral, Lars Loekke Rasmussen, a-t-il justifié son nouveau tour de vis à l’égard des demandeurs d’asile. Une mesure annoncée mardi dans "Le plan 2025" de son gouvernement intitulé "Pour un Danemark plus fort".

Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2015, M. Rasmussen a pourtant fait adopter une quarantaine de mesures restrictives, dont la confiscation des bijoux, sans valeur affective, des réfugiés dépassant 1340 euros et un rallongement des délais d’obtention du regroupement familial. Et en janvier, il a instauré le contrôle aux frontières avec l’Allemagne, avec l’aval de la Commission européenne, suivant ainsi la Suède. Résultat : le flot des demandeurs d’asile s’est tari. De plus de 21 000 l’année dernière, leur nombre est tombé à moins de 4 800 au cours des sept derniers mois.

Le gouvernement s’attend désormais à en accueillir au maximum 10 000 en 2016 alors qu’il tablait quelques mois plus tôt sur 25 000, permettant des économies de 3 milliards de couronnes (403 millions d’euros). Mais il n’empêche. "Nous devons faire baisser encore ces chiffres et freiner cet afflux", martèle M. Rasmussen, préconisant un traitement rapide des demandes d’asile dès les postes-frontières et le refoulement des candidats déboutés vers l’Allemagne.

Augmenter les primes de rapatriement

"Nous devons serrer encore plus la vis et nous protéger. Nous ne voulons plus voir ces scènes de chaos et d’exode sur nos autoroutes comme ce fut le cas l’automne dernier", explique-t-il. Et de rappeler que lorsque son parti libéral "était au pouvoir (jusqu’en 2011, NdlR), le nombre de réfugiés n’était que d’environ 5 000 par an avant d’exploser les années suivantes" sous le règne social-démocrate.

Face à la pression migratoire, le gouvernement veut aller plus loin, en refusant même d’accueillir cette année le quota des réfugiés (491) de l’Onu.

"Lorsque je constate le nombre de demandeurs d’asile que nous avons accueillis, et qui constituent un grand coût pour nous, je ne vois pas pourquoi nous devons prendre en plus 500 réfugiés des quotas" onusiens, affirme la ministre de l’Intégration Inger Stoejberg.

Restreindre l’immigration, tel est le message des dirigeants de Copenhague qui préconisent, entre autres, des règles plus strictes pour l’obtention d’un permis de séjour permanent, un rallongement des délais du regroupement familial, des expulsions plus rapides des migrants dont les demandes d’asile ont été rejetées et une augmentation des primes de rapatriement pour les immigrés souhaitant rentrer chez eux.

Ces mesures sont destinées à amadouer le Parti du peuple danois, la plus grande formation de la droite qui exige une politique d’immigration ultra-restrictive pour apporter son soutien au gouvernement dont il a assuré le retour au pouvoir en 2015.