Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni lundi à New York pour déplorer, une fois de plus, la poursuite par la Corée du Nord de son programme nucléaire clandestin. A la demande de plusieurs pays dont les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon, il devrait exprimer sa frustration dans une nouvelle résolution et plancher sur un huitième train de sanctions.

Depuis un premier essai nucléaire nord-coréen en 2006, le Conseil de sécurité a, en effet, décrété des sanctions de plus en plus dures. Interdiction de vendre à la Corée du Nord des équipements militaires et… des produits de luxe (résolution 1718 en 2006), interception de navires susceptibles de contribuer au programme nucléaire (résolution 1874 en 2009), renforcement des sanctions précédentes et restrictions sur les mouvements financiers (résolutions 2087 et 2094 en 2013), embargo sur les exportations de minerais nord-coréens (résolutions 2270 et 2321 en 2016), interdiction des exportations de charbon (résolution 2371 en 2017)…

Hormis un embargo sur les livraisons (principalement chinoises) de pétrole, on voit donc mal comment accroître encore la pression sur un Etat qui est depuis longtemps au ban de la communauté internationale et vit replié sur lui-même.

Boycotter la Chine ?

Conscient de la difficulté, Donald Trump est acculé à prôner une riposte qui relève du fantasme, tantôt faisant savoir que les Etats-Unis pourraient utiliser tous les moyens en leur possession, y compris nucléaires, pour briser l’entêtement de Kim Jong-Un, tantôt menaçant (dans un tweet) de cesser toute relation commerciale avec les pays qui "font des affaires" avec la Corée du Nord. On a autant de mal à imaginer un Hiroshima nord-coréen que l’arrêt des échanges entre les Etats-Unis et la Chine, les deux premières puissances économiques de la planète.

La complexité de la crise nord-coréenne s’accommode mal de la pensée simpliste du locataire de la Maison-Blanche. Aussi ne sera-t-on guère surpris d’apprendre que, pour l’heure, le président américain n’a pas tant sanctionné la Corée du Nord que… la Corée du Sud, avec qui il dit ainsi vouloir révoquer l’accord de libre-échange de 2011, pierre angulaire de l’alliance entre les deux pays ! Le président sud-coréen Moon Jae-In attendait toujours lundi un coup de fil de Donal Trump (qui, après l’essai nucléaire nord-coréen, a préféré appeler le Premier ministre japonais, Shinzo Abe). Il aura patienté en lisant ses tweets; dans l’un d’eux, Trump ironisait dimanche sur la faiblesse des dirigeants sud-coréens et la vanité de leur prétendue politique d’apaisement à l’égard de Pyongyang.

En pourrissant à ce point les relations entre Washington et un de ses principaux alliés dans la région, Kim Jong-Un a déjà marqué un point.