A l'appui de sa thèse, l'"Association citoyenne contre les leucémies dans la région de l'Elbmarsch" (BI) souligne que, ce jour-là, les capteurs de la centrale nucléaire voisine de Krümmel ont détecté un niveau anormal de radioactivité - un élément qui n'est d'ailleurs pas contesté par les différentes parties en présence.

Les exploitants de la centrale nucléaire expliquent que cette radioactivité était due à un dégagement de radon, un gaz naturel radioactif. L'incident, rare, se serait révélé sans gravité, selon les autorités. Mais les militants associatifs ne croient pas à cette thèse.

Or, trois témoins interrogés en 2006 par la télévision publique ZDF disent avoir assisté ce même 12 septembre 1986 à des phénomènes étranges au centre de recherches GKSS. Ils ont évoqué "une espèce de fumée, quelque chose de très coloré", "une colonne de feu" ou encore "une lueur jaune, verte et bleuâtre". Le GKSS est formel: aucun accident, aucun incendie ne s'y est produit ce jour-là. "C'était un jour absolument normal", selon une porte-parole du site.

Pour expliquer les phénomènes lumineux rapportés par les témoins, le GKSS avance deux hypothèses: les expériences réalisées à cette époque par une chercheuse en climatologie qui dirigeait des rayons laser sur les nuages, ou bien d'autres expériences, menées à l'époque dans la forêt entourant le centre de recherches, consistant à brûler du sodium, un phénomène dégageant une forte lumière.

Les deux camps campent sur leurs positions. "Il n'y a pas eu d'accident, c'est une légende", assure Torsten Fischer, du GKSS. "C'est très bien que les gens se posent des questions, mais nous trouvons un peu triste qu'ils développent une telle théorie du complot". En revanche pour Uwe Harden, de l'association BI, "il y a eu un dégagement de rayonnements le 12 septembre 1986. Nous en avons trouvé les traces. Il y a dans les environs une radioactivité qui ne peut pas s'expliquer autrement".