Des groupes de presse privés en Birmanie ont décidé de suspendre leurs publications en raison de l'aggravation de la situation à Rangoun où la distribution des journaux devient quasiment impossible, a déclaré vendredi un responsable de la profession.

Cela concerne notamment les quatre hebdomadaires du groupe Eleven Media, les deux hebdomadaires du groupe Yangon Media, ainsi que les hebdomadaires Kamudra, Voice et Market, a précisé cette source, sous couvert d'anonymat, ajoutant qu'un autre groupe, Pyi Myanmar, allait lui totalement arrêter ses activités. La décision serait "volontaire", a dit ce responsable de la profession.

La presse est sévèrement censurée par le régime en Birmanie mais, outre cette contrainte permanente, les violences entravent sérieusement la vente par porteur sur la voie publique. "Les ventes sont en baisse" et ceux qui ne fondent pas leur activité sur des abonnements ont désormais des "difficultés avec les grossistes", a dit ce responsable. "En raison de la situation, les gens ne peuvent pas sortir" et il y a beaucoup moins de vendeurs dans les rues, a-t-il ajouté. Il n'a pas été possible d'obtenir confirmation de cette information auprès des journaux concernés en raison des difficultés de communications.

Un autre hebdomadaire, le Myanmar Times, a indiqué qu'il poursuivait sa publication. Depuis le début de la crise en Birmanie, les autorités ont durci leur attitude vis-à-vis des journalistes locaux qui font quotidiennement l'objet de menaces et de tentatives d'intimidation, selon des organisations de défense de la liberté de la presse en Occident. Un journaliste japonais couvrant les événements a été tué jeudi par balle lors d'une charge des forces de sécurité. Il n'y a qu'un seul quotidien en Birmanie, le New Light of Myanmar, qui est totalement contrôlé par le régime.