Quatre personnes ont été tuées lundi soir dans des violences intercommunautaires dans le nord-ouest du Kenya, dans la province de la Vallée du Rift, portant à 18 le nombre de victimes dans ces affrontements entamés la semaine dernière, a-t-on appris mardi de source officielle.

Le responsable du district de Laikipia ouest, Julius Mutula, a indiqué que quatre villageois avaient été tués par balles dans l'attaque de leur localité où deux maisons ont également été incendiées.

"Nous sommes à la poursuite des assaillants et nous avons déployé une force mixte composée de membres de la GSU (unité paramilitaire de la police) et de la police administrative", a expliqué M. Mutula. "Nous avons arrêté 12 suspects qui sont sous le coup d'une enquête pour meurtre et incendie volontaire. L'opération est toujours en cours", a-t-il ajouté.

Ces nouvelles victimes portent à 18 le nombre de morts dans ces violences qui opposent depuis le 5 mars les Kikuyus (ethnie du président kényan réélu Mwai Kibaki), qui sont traditionnellement agriculteurs, et les Turkanas, un peuple d'éleveurs et de guerriers. Ces violences avaient apparemment été déclenchées en représailles du meurtre d'une femme le 5 mars dans la même zone.

Selon la responsable locale de la police, Olta Aliwa, les affrontements actuels seraient liés à des luttes à propos du bétail. Ces violences interviennent alors que M. Kibaki et le candidat malheureux à la présidentielle Raila Odinga ont signé le 28 février un accord de coalition et de partage du pouvoir en vue de mettre fin à l'une des pires crises qu'ait connue le Kenya depuis son indépendance en 1963.

Cette crise, née de la contestation par M. Odinga de la réélection le 27 décembre de M. Kibaki lors d'un scrutin entaché d'irrégularités, a fait plus de 1.500 morts et environ 300.000 déplacés. Elle a également été le révélateur de profonds conflits fonciers et ethniques latents depuis 1963 mais jamais résolus par les gouvernements successifs de ce pays d'Afrique de l'Est.