Israël ne se conformera pas à la résolution réclamant l'arrêt de la colonisation adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU, a annoncé vendredi le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Israël rejette cette résolution anti-israélienne honteuse des Nations unies et ne s'y conformera pas", ont fait savoir les services de M. Netanyahu dans un communiqué.

"Au moment où le Conseil de sécurité ne fait rien pour arrêter le massacre d'un demi-million de personnes en Syrie, il se ligue contre la seule vraie démocratie au Moyen-Orient, Israël, et qualifie le mur occidental (mur des Lamentations) de 'territoire occupé'", poursuit le communiqué.

La résolution votée à l'ONU exhorte Israël à "cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est", où se trouve le mur des Lamentations, lieu le plus sacré du judaïsme.

Elle a été adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU après la décision des Etats-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto.

Renversant leur position habituelle sur ce dossier, les Etats-Unis se sont abstenus, tandis que les 14 autres membres du Conseil de sécurité se sont prononcés en faveur du texte.

Dans leur communiqué, les services de M. Netanyahu accusent le gouvernement Obama de s'être "associé en coulisses" à la "ligue anti-israélienne" à l'ONU.

L'Etat hébreu "attend avec impatience de travailler avec le président élu Donald Trump et avec tous nos amis au Congrès, Républicains comme Démocrates, pour neutraliser les effets néfastes de cette résolution absurde", ajoute-t-on de même source.

Evoquant cette résolution, Donald Trump a déjà fait savoir vendredi via son compte Twitter que "les choses seront différentes à l'ONU" après son arrivée à la Maison Blanche dans un mois.

M. Trump, dont l'une des promesses de campagne est de reconnaître Jérusalem comme "capitale indivisible" d'Israël, avait très vite plaidé pour un veto américain dans une rare prise de position pour un président élu.


Représailles diplomatiques d'Israël contre la Nouvelle-Zélande et le Sénégal

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné samedi "une série de mesures diplomatiques" contre la Nouvelle-Zélande et le Sénégal qui ont obtenu qu'un vote soit organisé vendredi à l'ONU sur une résolution contre les colonies israéliennes. La résolution, initialement proposée par l'Egypte et qui devait être votée jeudi, avait finalement été présentée au vote vendredi à l'initiative de la Nouvelle-Zélande, du Sénégal, de la Malaisie et du Venezuela, après une volte-face du Caire.

Israël n'entretient pas de relations diplomatiques avec la Malaisie et le Venezuela.

M. Netanyahu a annoncé quelques heures seulement après le vote de la résolution, le rappel "immédiat" de ses ambassadeurs en Nouvelle-Zélande et au Sénégal "pour consultations", dans un communiqué de ses services.

Il a également décidé d'annuler la visite du ministre sénégalais des Affaires étrangères, prévue en janvier, ordonné l'annulation de tous les programmes d'aide au Sénégal, et l'annulation des visites en Israël des ambassadeurs non résidents du Sénégal et de Nouvelle-Zélande.

Israël avait annoncé peu après l'annonce du vote de la résolution qu'il ne s'y conformerait pas.

Le texte exhorte Israël à "cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est".

Il a été adopté vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU après la décision des Etats-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto.

Renversant leur position habituelle sur ce dossier, les Etats-Unis se sont abstenus, tandis que les 14 autres membres du Conseil de sécurité se sont prononcés en faveur du texte.

Reynders salue la résolution 2334 sur la fin de la colonisation israélienne

"La Belgique partage pleinement la position de la communauté internationale exprimée dans cette résolution: seule une solution à deux Etats (israélien et palestinien, ndlr) offre une perspective de paix durable entre Israéliens et Palestiniens. La colonisation des Territoires occupés par Israël est illégale, et sa poursuite met gravement en danger la possibilité d'une solution à deux Etats", a affirmé le chef de la diplomatie dans un communiqué.

La Belgique soutient les initiatives diplomatiques internationales qui visent à favoriser l'objectif de paix durable, ajoute M. Reynders.

C'est dans le même esprit de favoriser le dialogue qu'il a organisé des rencontres économiques israélo-palestiniennes le 14 décembre dernier à Bruxelles.

Le ministre a également invité les parties à entendre le message principal de cette résolution, qui est un appel à la paix, et à reprendre des négociations crédibles à propos du statut final des Territoires palestiniens occupés.

"Ce texte de résolution ne peut justifier aucune incitation à la violence ou provocation. Il ne sert pas l'animosité ni la rancœur. Il doit au contraire servir aux responsables politiques concernés pour s'engager dans la voie de la raison", a conclu M. Reynders.

Ban Ki-moon espère des "négociations sérieuses"

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé les dirigeants israéliens et palestiniens à "créer un environnement propice pour un retour à des négociations sérieuses", après l'adoption vendredi d'une résolution réclamant l'arrêt de la colonisation par Israël des Territoires palestiniens.

Dans un renversement de leur position habituelle sur ce dossier, les Etats-Unis se sont abstenus au lieu de mettre leur veto. Les 14 autres membres du Conseil ont eux voté en faveur du texte.

Ce texte exhorte Israël à "cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en Territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est".

"Le secrétaire général saisit cette opportunité pour encourager dirigeants israéliens et palestiniens à travailler avec la communauté internationale pour créer un environnement propice à un retour à des négociations sérieuses", a indiqué le porte-parole de Ban Ki-moon, Stéphane Dujarric, dans un communiqué.

M. Ban "salue" l'adoption de la résolution 2334 (2016) portant "sur la situation au Proche-Orient, y compris la question palestinienne".

Elle représente une "étape importante, mettant en lumière le rôle de meneur si nécessaire du Conseil et les efforts collectifs de la communauté internationale pour confirmer à nouveau que la vision (d'une solution à) deux Etats est toujours réalisable".

"Les Nations unies se tiennent prêtes à soutenir toutes les parties concernées pour atteindre cet objectif", a précisé le communiqué.