Le bilan de l'attaque terroriste à l'aéroport international d'Istanbul est passé à 42 tués, après le décès d'une jeune femme à l'hôpital, rapportent les médias turcs jeudi. Plus de 230 personnes ont été blessées lors du triple attentat qui a eu lieu mercredi et qui semble avoir été commandité par le groupe terroriste Etat Islamique selon les autorités turques, rapporte l'agence de presse Anadolu.

Pour le moment, aucun groupe n'a revendiqué l'attaque menée par trois assaillants muni de fusils d'assaut et d'explosifs dans l'aéroport principal de la mégalopole turque. Les trois kamikazes sont aussi décédés dans le drame.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a plaidé pour "lutter contre toutes les organisations terroristes à tout prix jusqu'à la fin du terrorisme".

Mercredi a été décrété jour de deuil national en Turquie, avec des drapeaux en berne tant dans le pays que dans les représentations extérieures.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, avait affirmé mercredi matin ne disposer d'aucune indication quant à la présence de ressortissants belges.

La nationalité des trois kamikazes n'est pour l'heure toujours pas connue.

Le tripe attentat n'a par aileurs toujours pas été revendiqué. Le gouvernement turc pointe du doigt l'organisation terroriste Etat islamique.

La télévision turque a diffusé des images très impressionnantes sur lesquelles on voit un policier tirer sur un assaillant puis celui-ci, blessé, tomber au sol en actionnant sa charge. Un grand mouvement de panique s'est emparé du terminal des vols internationaux lorsque deux violentes explosions suivies de coups de feu ont d'abord été entendues. Des photos et vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une énorme boule de feu à l'entrée du terminal et des membres de la sécurité en train de faire évacuer des passagers qui hurlaient dans des couloirs, pris de panique. On voyait aussi des passagers gisant au sol.


Un photographe de l'AFP a vu des corps recouverts de draps à l'aéroport, jonché de bagages abandonnés. Des centaines de policiers et pompiers étaient sur place.

"C'était la panique"

"J'attendais mon vol pour Tokyo et soudain plein de gens se sont enfuis et je les ai suivis. J'ai entendu des coups de feu et c'était la panique", a expliqué à l'AFP une Japonaise. Une femme, raconte à l'AFP avoir vu l'un des assaillants: "Il avait une écharpe rose, une veste courte et avait caché un fusil (dessous). Il l'a sorti et a commencé à tirer sur les gens. Il marchait comme un prophète".


Les télévisions montraient en boucle des scènes de pagaille devant un grand hôpital proche de l'aéroport, Bakirkoy, submergé par des proches cherchant à avoir des nouvelles de voyageurs.

Le Premier ministre a visité dans la nuit cet établissement, et s'est rendu au chevet des blessés. "Je vous présente mes condoléances", a-t-il lancé à son arrivée à l'hôpital aux gens réunis devant l'entrée, accompagné d'un imposant dispositif de sécurité, selon les chaînes de télévision.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rapidement exhorté la communauté internationale à une "lutte commune" contre le terrorisme, dans un communiqué. "Cette attaque, qui s'est déroulée pendant le mois du ramadan, montre que le terrorisme frappe sans considération de foi ni de valeurs", a dit le chef de l'Etat.

A Washington, un porte-parole de la Maison blanche a condamné ces attaques "abominables" tout en promettant le soutien des Etats-Unis à Ankara. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a "condamné l'attaque terroriste" et a lui aussi réclamé une coopération internationale accrue.

De nombreux attentats

Tous les vols ont été suspendus au départ d'Atatürk, le plus grand aéroport de Turquie et le 11e dans le monde, avec ses 60 millions de passagers en 2015. Puis le trafic aérien a pu reprendre à partir de 3h locales, selon M. Yildirim.

Istanbul et Ankara ont été secouées depuis l'an dernier par une série d'attentats qui ont fait près de 200 morts, des centaines de blessés et créé un climat de forte insécurité. Istanbul avait déjà été visée en janvier (12 touristes allemands tués, attaque imputée à l'EI), en mars (4 touristes tués -trois Israéliens et un Iranien- attribuée aussi à l'EI) et début juin (11 morts dont six policiers, revendiquée par les combattants kurdes).

Les attentats en Turquie ont visé des lieux touristiques emblématiques -provoquant une chute immédiate du tourisme- ou les forces de sécurité turques.

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La Turquie décrète mercredi jour de deuil national après l'attentat à l'aéroport

La Turquie a décrété mercredi jour de deuil national après l'attentat qui a tué 41 personnes et blessé 239 autres mardi soir à l'aéroport d'Istanbul. Les drapeaux seront mis en berne pour la journée, a-t-on indiqué de source officielle.

En octobre dernier une mesure similaire avait été adoptée après un double attentat-suicide qui avait coûté la vie à 103 personnes dans le centre d'Ankara.