Une vingtaine d'élus démocrates de la Chambre des représentants des Etats-Unis ont lancé mercredi une motion de défiance contre Donald Trump, une initiative symbolique qui témoigne néanmoins de la virulence croissante de l'opposition au président républicain.

"C'est une tentative d'intervention politique", a déclaré le démocrate Steve Cohen en dévoilant la résolution démocrate, dont le texte remet en question l'aptitude de Donald Trump à diriger la nation.

Aux Etats-Unis, le président ne peut être destitué que par une procédure de destitution qui implique des votes de la Chambre et du Sénat. Une motion de défiance, dans le système présidentiel américain, n'a pas d'effet. Les républicains ayant la majorité, la Chambre devrait dans tous les cas rejeter la motion, voire empêcher la tenue du moindre vote.

Mais pour Steve Cohen, ces manœuvres parlementaires, archivées pour l'histoire, auront une portée symbolique.

Les démocrates, dans la résolution, accusent Donald Trump d'avoir potentiellement enfreint la Constitution en acceptant des paiements étrangers dans ses hôtels, et d'avoir limogé le directeur du FBI, James Comey, en raison de l'enquête sur une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne Trump et la Russie.

Donald Trump Jr, Manafort et Jared Kushner entendus par des sénateurs la semaine prochaine

La commission de la Justice du Sénat américain a planifié mercredi les auditions du fils aîné de Donald Trump, Donald Jr, et de son ancien directeur de campagne Paul Manafort, pour la semaine prochaine. Les deux hommes feront partie des personnes appelées à témoigner lors d'une séance postposée qui doit désormais avoir lieu le 26 juillet, soit mercredi prochain. Le gendre et conseiller du président, Jared Kushner, devrait quant à lui témoigner lundi devant les Sénateurs de la commission du Renseignement, selon les médias américains. La commission de la Justice, qui entendra Donald Jr et Manafort, se penche sur les suspicions d'interférences russes en marge de l'élection présidentielle américaine de l'an dernier, un dossier qui empoisonne depuis des semaines la présidence de Donald Trump. Le fils du président et Paul Manafort ont fait une entrée remarquée dans cette affaire, avec les révélations récentes concernant une rencontre en pleine campagne avec une avocate russe, qui prétendait détenir des informations dommageables pour Hillary Clinton, la candidate démocrate.

Natalia Veselnitskaya, l'avocate en question, a indiqué mercredi être prête à se présenter au Congrès pour raconter sa version des faits. "Si le Sénat souhaite entendre la vraie histoire, je serai heureuse de m'exprimer et de partager tout ce que je voulais dire à Mr Trump", a-t-elle précisé à un média russe. Veselnitskaya a mené durant des années un combat contre la loi Magnitski, qui sanctionne des fonctionnaires russes soupçonnés d'avoir une part de responsabilité dans le décès, dans une prison moscovite, de l'avocat russe Sergei Magnitsky.

Des Démocrates ont demandé mercredi au FBI de reconsidérer l'habilitation des services de sécurité qui permet à Ivanka Trump, la fille du président, d'accéder à des informations confidentielles. L'habilitation est accordée après une enquête qui inclut notamment un examen des contacts avec l'étranger des proches de l'individu concerné. Les questions se multiplient, dans ce cadre, sur le rôle d'Ivanka, dont le frère et l'époux seront tous deux entendus par les sénateurs. Le courrier, signé par 22 législateurs démocrates, souligne l'obligation qu'avait la jeune femme, selon eux, de dévoiler ses contacts avec l'étranger mais aussi ceux de ses proches.