Les Etats-Unis ont libéré des dizaines de détenus à "haut risque" et retenu prisonniers près de 150 innocents pendant des années dans la prison militaire de Guantanamo, selon des documents fournis par WikiLeaks et publiés lundi par des médias occidentaux. Environ 200 détenus, qui avaient été définis comme à "haut risque" parce qu'ils pouvaient constituer une "menace future contre les Etats-Unis ou contre les intérêts des Etats-Unis" ont été libérés ou extradés vers des pays tiers, selon le New York Times qui a eu accès aux documents judiciaires américains décrivant l'histoire de 779 personnes passées depuis 2002 à Guantanamo.

220 d'entre elles seulement doivent être considérées comme de dangereux extrémistes, selon le quotidien britannique Daily Telegraph, tandis que 380 n'étaient que des militants de base appartenant à la mouvance talibane ou s'étant rendus en Afghanistan.

Au moins 150 étaient des Afghans ou des Pakistanais innocents, arrêtés et transférés à Guantanamo. Ils l'étaient sur la base de renseignements collectés dans des zones de guerre, parfois pris pour une autre personne ou qui se trouvaient simplement au mauvais endroit au mauvais moment. L'administration américaine a déploré la publication "malheureuse" de ces documents et s'est défendu en expliquant avoir "fait tout ce qu'elle pouvait pour agir avec le plus grand soin et la plus grande application dans le transfert des détenus de Guantanamo".

"Les administrations (de l'ancien président George W. Bush et de l'actuel Barack Obama) ont fait de la protection des citoyens américains leur priorité", estiment le Pentagone et le Département d'Etat, s'inquiétant des "dommages" causés par la publication de ces documents. La prison de Guantanamo accueille à l'heure actuelle 172 détenus.