Deux reportages, l'un de France 24, l'autre d'une chaîne de télévision indienne, attestent que le Hamas place ses roquettes non loin de lieux résidentiels.

Une équipe de France 24, en reportage à Gaza, a découvert l'un des endroits choisis par le Hamas pour tirer ses roquettes. Le grand reporter Matthieu Babin explique face caméra que ce lieu se trouve à quelques mètres seulement d'un espace résidentiel et d'un bâtiment de l'ONU.

"Nous sommes là au cœur de la polémique qui oppose l’État d’Israël à certains membres de la communauté internationale, l'État d’Israël étant accusé de frapper des sites protégés par les conventions internationales", explique Matthieu Mabin. "Ici, on comprend beaucoup mieux la difficulté, qui est celle de l’armée de l’air israélienne, des drones israéliens, de distinguer les sites de lancement de missiles des sites protégés", poursuit-il.

Israël est en effet depuis le début de l'opération à Gaza accusé de toucher de nombreuses bases civiles. L'Etat hébreu s'en est toujours défendu, expliquant vouloir cibler des positions du Hamas. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a encore affirmé ce mercredi que c'était le Hamas qui était "responsable de la destruction et des morts" dans la bande de Gaza.

Un autre vidéo vient attester de la présence de roquettes à proximité de zones résidentielles.

Elle montre des combattants du Hamas en train d'installer des roquettes, à deux pas de l'hôtel où séjournaient les journalistes de la chaîne indienne NDTV, aux premières loges pour tourner cette séquence.


Le journaliste explique de la fenêtre de son hôtel : "Une tente bleue a été installée ce matin, elle n'était pas là hier. Nous avons vu des hommes faire des aller-retours (...) C'est un site potentiel de lancement de roquettes. On s'est toujours demandé comment le Hamas installait ses roquettes sans se faire voir par les Israéliens", poursuit-il. "Ils doivent probablement le faire en-dessous de cette tente." Et il continue: "Cela atteste aussi que le Hamas place ses roquettes à côté de zones résidentielles, ce dont il est régulièrement accusé". En attestent, explique-t-il, les hôtels et les immeubles d'appartements dans le périmètre qui entoure cette tente. Le lendemain matin, illustre le reportage, le lance-roquettes a tiré, dégagageant un grand nuage de fumée filmé par le cameraman de l'équipe.

Récupération

Sur Twitter, les forces armées israéliennes n'ont pas tardé à transmettre ces vidéos.


Face à cette récupération, le journaliste indien a précisé sur Twitter : "À Gaza, nous montrons ce que nous voyons: le Hamas assemblant un lance-roquettes ou le bilan épouvantable des enfants gazaouis. Pas de propagande, d'intentions masquées. Continuons sur cette voie."


Des images rares

Ces images sont exclusives à plus d'un titre. D'une part, elles viennent pour la première fois illustrer les arguments utilisés par l'Etat d'Israël devant la communauté internationale pour justifier les pertes civiles. D'autre part, elles montrent des combattants du Hamas, ce qui est rare dans ce conflit, si bien que tout semble se jouer entre l'armée israélienne et les civils palestiniens. 

Si pour certains, ne pas se montrer est une stratégie médiatique du Hamas, voulant capter l'attention internationale sur les pertes civiles, pour d'autres, les combattants du Hamas ne se cachent pas de manière intentionnelle. "Ils ont disparu", témoignait le photographe de l'AFP Thomas Coex dans Libération, "soit ils se mêlent à la population, soit ils se terrent dans les tunnels, je ne sais pas, mais on ne les voit pas". Ce même photoreporter expliquait aussi sur les ondes de Matin Première ce 6 août, que la forte densité de population de la bande de Gaza impliquait qu'il était difficile pour le Hamas de ne pas placer ses roquettes à proximité de zones civiles.