Le Parti communiste chinois (PCC) soumet certains de ses membres accusés de corruption à la "torture", via un système "violent et illégal". L'organisation internationale de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) dénonce ces faits mardi. Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, le président chinois Xi Jinping supervise une vaste campagne anticorruption. Les 88 millions de membres du PCC au pouvoir peuvent dans ce cadre faire l'objet d'une procédure disciplinaire interne (appelée "shuanggui"), déconnectée de tout contrôle judiciaire.

Selon l'agence Chine nouvelle, plus d'un million de membres du Parti ont déjà été diversement sanctionnés dans le cadre de cette campagne, soupçonnée de servir aussi au président Xi pour éliminer des opposants politiques.

Les suspects peuvent être détenus dans des endroits secrets jusqu'à leurs "aveux", avant que leur dossier ne soit confié à la justice, devant laquelle le taux de condamnation atteint officiellement les 99,92%.

"Le président Xi a fondé sa campagne anticorruption sur un système de détention violent et illégal", a dénoncé Sophie Richardson, directrice pour la Chine de HRW.

L'organisation a analysé des verdicts et des articles de presse et mené des entretiens avec d'anciens détenus et leur famille pour établir un rapport, publié mardi. Le document avance des exemples de tortures subies par les suspects: privation de sommeil, d'eau ou de nourriture, tabassage, obligation de maintenir des positions inconfortables, ou encore menaces à la famille.