Des avocats de la partie civile ont réclamé jeudi un nouvel examen psychiatrique d'Anders Behring Breivik sur la foi d'avis d'experts estimant que l'extrémiste de droite, auteur des attaques du 22 juillet en Norvège, n'était pas psychotique contrairement à des conclusions officielles.

Dans une lettre publiée par le tribunal d'Oslo, les avocats de 56 survivants et proches de victimes mettent en question le diagnostic rendu l'an dernier par deux experts-psychiatres pour qui Behring Breivik souffre de "schizophrénie paranoïde", un diagnostic qui devrait lui permettre d'échapper à la prison.

"Plusieurs des parties civiles qui l'ont vu à Utoeya l'ont trouvé cynique et rationnel et jugent que cela est peu compatible avec le fait qu'il serait psychotique", écrivent les avocats.

Le 22 juillet, Behring Breivik, déguisé en policier, avait fait feu pendant près d'une heure et demie contre un rassemblement de jeunes travaillistes sur l'île d'Utoeya, près d'Oslo, après avoir fait exploser une bombe près du siège du gouvernement norvégien.

Les deux attaques avaient fait 77 morts, essentiellement des jeunes.

Fin novembre, les experts-psychiatres mandatés par le tribunal d'Oslo avaient conclu à son irresponsabilité pénale, une conclusion ensuite entérinée par une commission médico-légale.

Le même tribunal d'Oslo avait donné jusqu'à ce jeudi aux différentes parties pour s'exprimer sur un nouvel examen psychiatrique.

Dans une démarche séparée, plusieurs autres représentants des parties civiles ont aussi demandé un nouvel examen.

Le tribunal d'Oslo devrait trancher vers la mi-janvier sur la réalisation ou non d'un nouvel examen de l'extrémiste de 32 ans, dont le procès devrait débuter le 16 avril.