Des heurts ont opposé vendredi soir des groupes de jeunes aux forces de police dans deux villes des Yvelines, Les Mureaux et Chanteloup-les-Vignes, où plusieurs fonctionnaires ont été la cible d'émeutiers et des véhicules ont été incendiés. Aux Mureaux, où les violences durent depuis plusieurs jours, trois jeunes ont été placés en garde à vue, a précisé samedi la préfecture du département.

A Chanteloup-les Vignes, des policiers qui s'apprêtaient à quitter le poste de police local ont été pris à partie par une quinzaine de jeunes cagoulés et armés de cocktails Molotov. Les policiers, "en situation d'infériorité, se sont retirés. Malheureusement, le véhicule conduit par la jeune policière a calé (...) et ils ont donc pu s'attaquer plus facilement à elle", a expliqué à la presse Thierry Couture, directeur départemental de la Sécurité publique des Yvelines.

Blessée au visage et au bras, elle a réussi à appeler des renforts qui ont pu la secourir et faire fuir les agresseurs. La fonctionnaire a été transportée à l'hôpital de Poissy, d'où elle est sortie samedi matin avec une interruption temporaire de travail (ITT) de 15 jours.

Peu avant cet incident, des jeunes avaient fait sortir le chauffeur d'un bus avant de mettre le feu au véhicule, vidé de ses passagers, dans la cité de La Noé, précisait-on à la préfecture. Le chauffeur n'a pas été blessé. Des heurts ont ensuite éclaté à l'arrivée de la police. Les forces de l'ordre n'ont procédé à aucune interpellation, selon la préfecture.

Pour le maire UMP de Chanteloup, Pierre Cardo, l'attaque du poste de police était préméditée. "On n'arrive pas de façon impromptue avec des cagoules dans la poche pour se les mettre sur la tête" afin "qu'on ne vous reconnaisse pas dès le départ et avec des cocktails Molotov qui sont tout prêts".

M. Cardo a voulu expliquer ces violences par la volonté de jeunes des quartiers de "marquer le territoire, montrer qu'on existe et peut-être pour certains de (se) montrer par rapport à d'autres sur le territoire, compte tenu des luttes intestines qu'il y a aussi".

Aux Mureaux, où des violences avaient déjà eu lieu ces derniers jours, des jeunes ont semé le trouble près du quartier de la Vigne Blanche, jetant notamment des projectiles sur la voie publique. Des échauffourées ont éclaté lors de l'intervention des forces de l'ordre et cinq voitures ont été incendiées, a indiqué la préfecture. Les incidents, qui se sont produits entre 21h et 22h45 environ, n'ont pas fait de blessés. Trois jeunes majeurs ont été interpellés tôt samedi et placés en garde à vue, a-t-on ajouté de même source.

Delphine Batho, secrétaire nationale du PS chargée de la sécurité, a fait part samedi dans un communiqué de son "inquiétude" face à ces "incidents graves". "L'intensification des violences urbaines est malheureusement une preuve supplémentaire de l'ultra-violence qui s'est installée dans certains quartiers", poursuit-elle en s'en prenant au ministre de l'Intérieur: "Depuis cinq ans, la situation n'a fait que se dégrader. Nicolas Sarkozy n'a donc pas de quoi être fier de son bilan, car sa politique a fait faillite".