Il est nettement moins connu que son frère Oussama Atar, qui est considéré comme un des relais en Syrie des auteurs des attentats de Bruxelles et qui est l'objet d'un mandat d'arrêt international et d'un mandat d'arrêt européen.

Yassine Atar est détenu dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Bruxelles depuis le 27 mars 2016. Il avait été arrêté cinq jours après les attentats de Bruxelles avec deux complices.

Ce sont spécifiquement des proches de Yassine, plutôt que d'Oussama, qui ont été visés dans les opérations antiterroristes menées mardi dans les environs de Barcelone. Trois des contacts de Yassine Atar ont ainsi été interpellés.

Au total, neuf personnes dont quatre liées à des suspects interpellés dans l'enquête sur les attentats de mars 2016 à Bruxelles (32 morts) ont été arrêtées mardi lors d'une vaste opération antidjihadiste à Barcelone, à laquelle a participé la police belge. "Les neuf personnes interpellées, tous des hommes entre 30 et 40 ans, un de nationalité espagnole et le reste de nationalité marocaine, ont été arrêtées pour appartenance à une organisation terroriste", a annoncé un communiqué des Mossos d'Esquadra, la police de la région de Catalogne.

L'opération, menée à Barcelone et ses alentours par la police catalane, la police nationale espagnole et la police fédérale belge, visait "un présumé groupe djihadiste avec des connexions internationales", a déclaré Jordi Jané, chargé de la sécurité au gouvernement régional de Catalogne, à la radio Rac1. Il n'y a pas "d'indices clairs" de leur éventuelle intention de commettre un attentat en Espagne, a-t-il ajouté.

Qui est Oussama Atar ?

Pour rappel, Oussama Atar a été décrit comme le cerveau des attentats de Bruxelles. La police le recherche activement depuis lors.

Sa mère, Malika Benhattal est la sœur de la mère de Khalid et Ibrahim El Bakraoui, deux des trois kamikazes qui se sont fait exploser le 22 mars à l’aéroport et à la station de métro Maelbeek. Immédiatement après ces attentats, Oussama Atar avait été considéré comme un complice potentiel. Son domicile anderlechtois fut un des premiers à avoir été perquisitionné le 22 mars. Mais il s’était déjà envolé.

Oussama Atar connaît la Syrie de longue date. Selon sa famille, il s’y est rendu une première fois en 2002. Il en est revenu enchanté, si bien, qu’en 2004, il y est retourné, pour étudier l’arabe selon ses dires.

C’est en Irak, et plus précisément à Ramadi, qui était le haut lieu des activités de la résistance d’Al-Qaïda, qu’Oussama Atar a été arrêté le 21 février 2005.

Plusieurs versions ont circulé. Soit il aurait emmené des médicaments sur place et aurait été interpellé car il n’avait pas des papiers en ordre. Soit il aurait convoyé des armes. Une autre version veut que, blessé par une grenade, il ait été déposé par ses compagnons près d’un hôpital géré par les Américains.

Oussama Atar a été arrêté. Il a été incarcéré à Abou Ghraib où des policiers belges l’ont interrogé, à Camp Bucca - au même moment que ceux qui deviendront les têtes pensantes de l’Etat islamique - et à Camp Cropper.

Remis aux autorités irakiennes, il a été condamné à perpétuité, une peine revue à 10 ans de prison. En 2010, sa famille qui tentait discrètement de le faire libérer, a obtenu l’appui des Affaires étrangères et d’organisations de défense des droits de l’homme, préoccupés par son état de santé. Une manifestation pour sa libération a rassemblé 300 personnes.

Oussama Atar a été libéré en 2012 aux trois-quarts de sa peine. En 2013, il a été intercepté en Tunisie, soupçonné de trafic d’armes. Il est considéré comme un des mentors des frères El Bakraoui. Mais on ne sait où il se trouve.