Peut-être voyez-vous l’heure des vacances approcher, mais n’avez-vous toujours pas retenu une destination. Les "last minute" habituels ne vous inspirent pas, vous rêvez de quelque chose de plus original qui vous laissera un souvenir impérissable et, surtout, épatera vos amis dans les conversations d’après-dîner.

Alors, pourquoi ne pas considérer un séjour sur les bords du lac Habbaniyah, en Irak ? D’accord. Vous avez en mémoire ces malheureux, partis pour quelques jours à Bagdad et qui, pris en otages par d’affreux islamistes, y restèrent plusieurs mois. Vous gardez en tête ces images d’attentats, sur des marchés, dans des rues animées, près des hôtels pour étrangers. Pas vraiment un lieu de plaisir et de détente, direz-vous.

"Habbaniyah Tourism City" est tout autre chose. Ce serait même, à en croire ses nouveaux promoteurs, "le véritable Irak", loin des clichés négatifs sur un pays en crise, sinon en guerre. On y voit, rapporte l’AFP, des jet-skis slalomer sur l’eau et des familles pique-niquer sous des tentes colorées. Située entre Falloujah et Ramadi, la station fut ouverte en 1979 pour attirer une clientèle aisée. Avec succès, puisque sa réputation dépassa les frontières. Et puis, les fantaisies de Saddam Hussein précipitèrent son déclin. Avant que des groupes terroristes n’en fassent leur QG en 2006.

Du passé, tout cela. Enfin, presque. Si les autorités sont parvenues à déloger les terroristes, l’entreprise turque qui va redévelopper le site doit encore faire le ménage. Il y a une montagne de détritus à évacuer et il faut civiliser les estivants. Récemment, une rixe a opposé des dizaines de personnes armées de couteaux et de bâtons. La police a dû intervenir, arme au poing. On reste tout de même en Irak.

La mêlée avait apparemment pour objet une femme. Des femmes furent également à l’origine d’un singulier règlement de comptes, qui interdit d’envisager des vacances à Madang, une province du nord-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, bien qu’elle semble exotique à souhait. Il mit aux prises des sorciers et des cannibales.

Le journal local, "The National", rapporte que vingt-neuf membres d’une secte, dont huit femmes, ont été arrêtés pour avoir tué au moins sept hommes dont ils ont mangé le cerveau et consommé en potage, précise le quotidien, le pénis et d’autres organes.

Les victimes étaient toutes des sorciers, auxquels les gens du cru font appel pour connaître la cause de leurs malheurs. Ces "sangumas" commirent l’erreur de ne pas se contenter de leurs émoluments traditionnels (un cochon, un sac de riz et une liasse de billets) pour s’arroger un droit de cuissage sur les épouses ou les filles de leurs clients. "C’est contraire à notre éthique", s’est justifié un des cannibales.