Renzo Fricke et Michel Peremans, membres de l'équipe d'urgence de Médecins sans frontières (MSF), sont revenus de Birmanie après trois semaines d'action sur place.

Leur mission était d'assurer l'acheminement de biens et de vivres depuis la capitale Rangoon jusqu'au delta de l'Irrawaddy, zone la plus touchée par le cyclone. Ils confirment la détresse des victimes survivantes qui ont tout perdu, surtout dans les villages les plus reculés.

Michel Peremans donne l'exemple d'un village de 21 000 habitants dont 80 pc des maisons ont disparu.

Il raconte aussi comment, sur une base arbitraire, certaines familles sont envoyées dans des camps de réfugiés tandis que d'autres sont renvoyées dans leurs villages où, bien souvent, il ne subsiste plus rien.

Égal au tsunami de 2004

Jean de Cambry, coordinateur d'urgence depuis le siège belge de MSF, explique que "plus de 2000 tonnes de vivres ont été distribués à environ 300 000 personnes et 17 000 consultations médicales ont pu être prodiguées sans pour autant constater, jusqu'à présent, d'épidémies."

Il ajoute que si "l'ampleur du sinistre est comparable au tsunami qui avait touché l'Indonésie en décembre 2004, l'aide opérationnelle apportée n'atteint que 30 pc de son potentiel." MSF s'estime encore heureux car d'autres ONG n'ont pas cette chance.

Renzo Fricke confirme et explique ce faible pourcentage par de "nombreuses contraintes administratives, une réponse (de soutien) plus faible des autorités locales, l'accès restreint d'experts étrangers et un appui aérien interdit."

Assainir les sources d'eau Au-delà de l'apport de nourriture et de soins, le principal défi est de pouvoir assainir les sources d'eau potable, mais également d'apporter un soutien psychologique à la population. Un défi qui n'est pas gagné d'avance car les experts sont admis au compte-gouttes. Un constat que déplore Renzo Fricke, même s'il confirme "qu'une Belge, ingénieure agronome spécialisée en assainissement d'eau, travaille actuellement dans le delta".

Il ajoute que "paradoxalement, si la saison des pluies compliquera les opérations, elle va permettre d'apporter de l'eau consommable. Les Birmans ayant l'habitude de collecter l'eau de pluie pour la boire."

Jean de Cambry estime qu'il faudra encore six mois de travail sur place.