Deux bombardiers de l'armée américaine ont survolé la péninsule coréenne, en réponse au tir d'un missile intercontinental réussi vendredi par Pyongyang, selon les Pacific Air Forces (PACAF).

Les bombardiers B-1B ont rejoint des avions de chasse japonais et sud-coréens lors de cette mission. Celle-ci était "une réponse directe" aux tirs de missiles de Pyongyang de vendredi et du 3 juillet, ont déclaré les Pacific Air Forces.

"La diplomatie reste le maître-mot. Cependant, nous avons la responsabilité de montrer à nos alliés et nos pays que notre engagement est inébranlable face au pire des scénarios", a poursuivi le commandant Terrence O'Shaughnessy. "Si nous y sommes appelés, nous sommes prêts à répondre rapidement et avec une force écrasante à l'heure et l'endroit de notre choix." Il a ajouté que la Corée du Nord restait "la menace la plus urgente de la stabilité de la région".

"Nous ne permettrons plus" que la Chine n'agisse pas

Le président américain Donald Trump a accusé samedi la Chine d'inaction face à la Corée du Nord, après un nouveau tir par Pyongyang d'un missile balistique intercontinental, estimant que Pékin pourrait "facilement résoudre ce problème". "Je suis très déçu par la Chine (...) Ils ne font RIEN pour nous avec la Corée du Nord, hormis parler", a-t-il écrit sur Twitter. "Nous ne permettrons plus que cela continue. La Chine pourrait facilement résoudre ce problème!", a ajouté le président américain.

En réaction à ce second tir de missile balistique intercontinental en un mois, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont mené un exercice militaire en utilisant des missiles tactiques (ATACMS) sol-sol américain et des missiles balistiques sud-coréens Hyunmoo II, les chefs militaires américains et sud-coréen ayant discuté d'"options de réaction militaire".

La Corée du Sud a en outre annoncé samedi qu'elle comptait accélérer sur son territoire le déploiement, gelé en juin, du bouclier antimissiles américain Thaad (Terminal High Altitude Area Defense), s'attirant une sévère mise en garde de Pékin qui y est farouchement opposé.

La Chine, principale alliée de Pyongyang, a condamné samedi le tir de Pyongyang en soulignant qu'elle "s'oppose aux violations par la Corée du Nord des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU". Pékin "espère que toutes les parties concernées feront preuve de prudence et éviteront d'intensifier les tensions".

Mais le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a estimé pour sa part qu'"en tant que soutiens économiques du programme nucléaire balistique" de Pyongyang, Pékin, et également Moscou, portaient une "responsabilité spéciale" dans l'aggravation de cette menace.