Deux membres du groupe contestataire russe Pussy Riot, libérées fin décembre après 21 mois de détention, ont annoncé mardi avoir été interpellées dans le centre de Sotchi, pendant les jeux Olympiques.

Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina, et plusieurs autres personnes ont été appréhendées dans le centre de Sotchi, dans le cadre d'une affaire de cambriolage dans un hôtel de la ville qui accueille les JO du 7 au 23 février.

Les deux membres des Pussy Riot sont en visite à Sotchi depuis environ deux jours, en vue d'enregistrer une nouvelle chanson pour marquer leur opposition au président Vladimir Poutine.

"Nous avons été arrêtées... et sommes accusées de vol", a écrit Nadejda Tolokonnikova sur son compte twitter.

"Quand nous avons été arrêtées, nous n'avions entrepris aucune action, nous nous promenions simplement dans Sotchi", a-t-elle ajouté.

"Il n'y a eu aucun usage de la force pendant l'interpellation", a-t-elle ajouté.

Une autre membre du groupe, Maria Alekhina, a confirmé avoir été également arrêtée.

Selon Mme Tolokonnikova, une troisième membre des Pussy Riot auraient également été interpellé.

Les deux jeunes femmes ont été appréhendées à 30 km du principal site olympique de Sotchi, au bord de la mer Noire, et conduites dans un poste de police du district d'Adler.

"Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina sont interrogées par la police d'Adler au sujet du vol avec effraction commis dans l'hôtel où elles logent", a indiqué la police locale, citée par l'agence Interfax.

Un photojournaliste russe, Evgueni Feldman, interpellé avec les deux jeunes femmes, a écrit sur son compte Twitter que ces interpellations étaient liée au vol dans un hôtel.

Mme Tolokonnikova a révélé que les deux Pussy Riot avaient déjà été interpellées et interrogées pendant sept heures par la police dimanche et 10 heures lundi.

Les deux jeunes femmes ont précédemment dénoncé le projet des JO chers au président Poutine et appelé à un boycott des Jeux.

Des opposants au Kremlin ont critiqué ces interpellations en indiquant qu'elles ruineraient l'image des jeux Olympiques de Sotchi.

Tania Lokchina, de l'ONG Human Rights Watch à Moscou, a déclaré que ces "interpellations ridicules vont faire à la Russie plus de publicité négative que n'importe quelle action publique" que les Pussy Riot auraient pu organiser.

Le principal opposant à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, s'est lui aussi montré critique sur son compte Twitter: "Il faut vraiment être idiot pour arrêter les Pussy Riot à Sotchi pendant les jeux Olympiques!"

Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina, ainsi qu'une troisième membre du groupe avaient été arrêtées en février 2012 après avoir interprété une "prière punk" contre Vladimir Poutine dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou.

Elles avaient été condamnées en août 2012 à deux ans de camp notamment pour "hooliganisme". La troisième a vu sa peine commuée en sursis lors d'un procès en appel.

Tolokonnikova et Alekhina ont été amnistiées et libérées en décembre, après 21 mois de détention, à quelques semaines de l'ouverture des jeux Olympiques de Sotchi, chers au président Vladimir Poutine.

A peine libérées, les deux femmes s'étaient montrées déterminées dans leur opposition au président russe.

"En ce qui concerne Vladimir Poutine, nous n'avons pas changé de position, nous voulons comme auparavant le chasser" du pouvoir, avait déclaré Mme Tolokonnikova, faisant allusion à la "prière punk" chantée en 2012 dans la cathédrale de Moscou, qui demandait à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir.

Les deux Pussy Riot avaient aussi présenté un projet de défense des droits des prisonniers en Russie.

Fin janvier, Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina ont participé à un concert à New York de la pop star américaine Madonna, qui les avait invitées après les avoir soutenues et avoir critiqué leur condamnation.