L'opposant historique en République démocratique du Congo, Étienne Tshisekedi, est prêt à rentrer au pays pour participer au "dialogue national" voulu par le président Joseph Kabila en vue d'"élections apaisées", a annoncé vendredi son parti, l'UDPS. Octogénaire, M. Tshisekedi, est en convalescence à Bruxelles depuis août 2014. Il est prêt à participer à de telles assises et "conditionne son retour au pays à la fixation de la date du dialogue", si celui-ci a lieu "sous l'égide de la communauté internationale", a déclaré Bruno Tshibala, porte-parole de l'UDPS.

L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) avait fait de cette médiation internationale une condition de sa participation au "dialogue national" dès le début des consultations entamées en juin par le chef de l'État en vue de rassembler un maximum de composantes du monde politique et de la société civile pour une table ronde.

En septembre, M. Tshisekedi lui-même avait annoncé la fin des discussions de son parti avec le pouvoir pour fixer les modalités de la participation de l'UDPS, estimant que celles-ci avaient échoué.

M. Kabila a fait part lundi aux diplomates accrédités à Kinshasa de sa volonté de convoquer un "dialogue national" pour discuter du calendrier électoral et de l'organisation et du financement des élections.

En dehors de l'UDPS, les autres grandes composantes de l'opposition ont déjà indiqué leur volonté de ne pas participer à une telle rencontre, dans laquelle elles voient une manoeuvre dilatoire du président pour se maintenir en poste au delà-du terme de son mandat, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Selon la Constitution congolaise, la prochaine présidentielle doit être organisée avant la fin novembre 2016.

Selon plusieurs élus, M. Kabila a assuré dans un message transmis lundi aux députés qu'ils restait "ouvert à une médiation étrangère" pour le "dialogue national" si cela peut permettre sa tenue.