"Ding Dong Thatcher’s Gone". Voilà le slogan qui accompagnait un "kit" destiné à fêter la prochaine mort de Margaret Thatcher ! Y étaient contenus, d'après ses auteurs, "tout ce qu'il vous faut pour célébrer le grand jour": sifflet, feux d'artifices, ballons et t-shirts.

Distribués par les syndicalistes lors d'une conférence des mouvements syndicaux de plusieurs jours à Brigthon, ils ont provoqué l'indignation. Les responsables des syndicats ont d'ailleurs appelé au retrait des ces packs jugés "de mauvais goût et inappropriés" (après le deuxième jour, lorsque les stocks avaient déjà été vidés).

Voilà qui a du même coup mis Ed Miliband, leader du parti travailliste (Labour), quelque peu mal à l'aise. A la suite de son intervention, il était pris en flagrant délit de pause photographique avec un militant. Celui-ci arborait fièrement un t-shirt annoté d'un cinglant "A generation of trade unionists will dance on Thatcher's grave" ("Une génération de syndicalistes dansera sur la tombe de Thatcher").

Dans les rangs de la droite, on fulmine contre une telle provocation. Nul ne sert de rappeler que Miss Maggie a été l’étendard de la droite conservatrice de 1979 à 1990. Le Tory Douglas Carswell a dès lors qualifié ces "packs" de "grotesque et obscènes". Il a déploré ce "côté sale de la politique" et en a profité pour s'en prendre à la gauche. "Est-ce cela qu'elle est devenue ?", s'est-il interrogé avant de poursuivre : "Cela montre à quel point le mouvement, s'il trouve ça acceptable, est en état de banqueroute éthique". Priti Patel s'est pour sa part dite "consternée". "C'est typique des conférences syndicales qui attaquent de front ceux qui se sont battus avec succès pour la création d'emplois et de la prospérité économique de la Grande-Bretagne"

D'aucuns remettront ces affirmations en doute tant la situation économique du temps de Maggie n'était un modèle de perfection...

Mais la seule femme a avoir jamais accédé au panthéon de la politique britannique en a vu d'autres lors de ses années passées au 10 Downing street. De la fronde sociale à la guerre des Malouines en passant par des années de récession et la répression des mouvements indépendantistes irlandais, la "dame de fer" n'a qu'à de très rares occasions relâché son étreinte. Changera-t-elle d'attitude, du haut de ses 87 printemps ?

Reste plus qu'à espérer que les paroles prononcées par Maggie lors de son discours d'investiture comme Première ministre soient suivies par les uns et les autres : "Là où il y a de la discorde, puissions-nous y apporter de l'harmonie". A méditer.