Le déraillement mercredi d'un train à Saint-Jacques de Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne, a fait 80 morts, selon un nouveau bilan communiqué jeudi par la préfecture de Galice. Cet accident est ainsi le plus grave dans ce pays depuis 1944, quand plusieurs centaines de personnes avaient été tuées dans la collision entre un train de passagers et une locomotive, survenue, elle aussi, sur la ligne reliant Madrid à la Galice.

Plusieurs témoins ont raconté avoir entendu le bruit sourd d'une explosion. "J'étais chez moi et j'ai entendu comme un coup de tonnerre, très fort, j'ai vu beaucoup de fumée", témoignait Maria Teresa Ramos, une femme de 62 ans qui vit à quelques mètres du lieu de l'accident, assise dans son jardin d'où elle regarde une grue géante se préparant à soulever les wagons désarticulés. "C'était un désastre. Les gens criaient. Tout le monde est parti chercher des couvertures et des serviettes pour aider les blessés. Personne n'avait jamais vu cela ici".

L'accident s'est produit à 20h42 (18h42 GMT) sur un tronçon de voie à grande vitesse, dans un virage très prononcé à environ quatre kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle, la ville de pèlerinage mondialement célèbre.

Plusieurs wagons sont sortis de la voie, s'empilant les uns sur les autres.

Sur les 222 personnes à bord du train, 80 ont été tuées, a annoncé dans la nuit le tribunal régional de Galice, précisant que ce bilan était toujours provisoire. 143 personnes ont été blessées. "J'ai entendu comme un coup de tonnerre. C'était comme s'il y avait eu un tremblement de terre", racontait à l'AFP un témoin âgé de 39 ans, Francisco Otero, qui se trouvait dans la maison de ses parents, le long de la voie. "Je suis arrivé une minute plus tard. La première chose que j'ai vue a été le cadavre d'une femme. Cela m'a beaucoup impressionné. Je n'avais jamais vu un cadavre de ma vie", a-t-il ajouté, joint par téléphone. "Mais surtout, ce qui m'a le plus impressionné, c'était un grand silence. Il y avait aussi un peu de fumée et un petit incendie".

"Tout cela était irréel. Il y avait des voisins qui s'approchaient, ils tentaient d'extraire les gens prisonniers des wagons, avec des pics, des masses, et finalement ils ont réussi avec une scie à main".

Quatre wagons étaient renversés sur la voie, dont l'un au moins complètement déchiqueté, empilé sur un autre, de la fumée et des flammes se dégageant du convoi. Un autre a été projeté en l'air, jusque sur un terre-plein au-dessus de la voie. Plusieurs cadavres gisaient sur les voies, recouverts de couvertures.

"Il semble que dans un virage le train ait commencé à se retourner, nous avons fait beaucoup de tonneaux et plusieurs wagons se sont empilés les uns sur les autres", a raconté un passager, cité par la radio Cadena Ser.

L'accident s'est produit à la veille de la Saint-Jacques, le saint patron des Galiciens, une fête traditionnelle dans cette région. Toutes les cérémonies prévues à Saint-Jacques ont été annulées.

Très vite, de longs convois d'ambulances, gyrophares allumés, se sont formés, dans une course contre la montre pour évacuer les blessés. La nuit venue, toutes les routes environnantes étaient envahies par un ballet d'ambulances, sirènes hurlantes, tandis que sur les voies, les secouristes casqués, vêtus de gilets jaunes, armés de pics, tentaient de se frayer un chemin dans les tôles froissées.

Un bâtiment municipal a été mis à disposition des familles, qui pouvaient y recevoir les conseils de psychologues et des informations. Les autorités locales ont lancé un appel aux dons du sang.

Le centre d'aide aux familles "s'est rempli dès le premier instant, et les gens continuent à arriver", a raconté dans la nuit un porte-parole.

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, natif de Saint-Jacques de Compostelle, est attendu jeudi matin sur place. "Je souhaite exprimer mon affection et ma solidarité avec les victimes du terrible accident de train de Saint-Jacques", a-t-il lancé dans un message sur Twitter.

Depuis Rio de Janeiro, le pape François a invité à prier pour les victimes et leurs familles.

L'accident de train le plus meurtrier en Espagne depuis 1944

L'accident de train survenu mercredi soir à Saint-Jacques de Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne, a fait 80 morts, a annoncé la préfecture de Galice, soit le plus grave dans le pays depuis 1944. Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a annoncé jeudi trois jours de deuil national. Les autorités espagnoles ont annoncé jeudi midi que le bilan de l'accident de mercredi soir est passé à 80 morts.

C'est l'accident ferroviaire le plus grave survenu en Espagne depuis 1994. Cette année-là, plusieurs centaines de personnes avaient été tuées dans la collision entre un train de passagers et une locomotive, survenu lui aussi sur la ligne reliant Madrid à la Galice.

"Je vais signer aujourd'hui un décret déclarant trois jours de deuil national dans toute l'Espagne", a déclaré Mariano Rajoy, en visite sur les lieux de la catastrophe.

Le pays sous le choc tentait jeudi de comprendre les causes de la catastrophe, qui semble due à une vitesse excessive du train. Celui-ci a déraillé à quelques kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle, dans une courbe très marquée où la vitesse est limitée à 80 kilomètres heure.

Le président régional de Galice, Alberto Nuñez Feijoo, a déclaré sept jours de deuil dans la région tandis que le roi Juan Carlos et prince héritier Felipe suspendaient leurs activités officielles.

Un des conducteurs reconnaît avoir roulé à 190 km/h au lieu des 80 autorisés 

Un des conducteurs du train qui a déraillé mercredi soir en périphérie de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest de l'Espagne), a reconnu avoir emprunté un virage à 190 km/h alors que la vitesse à cet endroit est limitée à 80 km/h, rapporte jeudi El Pais. Le conducteur était coincé dans la cabine de son convoi après l'accident. Alors qu'il ignorait encore si le déraillement avait été fatal pour certains de ses passagers, il a communiqué par radio avec la gare sur ce qui venait de se produire. "On est humain! On est humain!", s'est-il exclamé. "J'espère qu'il n'y a pas de morts parce qu'ils mourront sur ma conscience." L'homme a indiqué que le train avait emprunté le virage où s'est produit l'accident à 190 km/h alors que les signaux ferroviaires disposés dans cette zone n'autorisent pas à dépasser les 80 km/h, selon El Pais qui citait des sources proches de l'enquête.

Le conducteur n'a pas pu préciser la raison d'une telle vitesse. L'enquête doit encore déterminer s'il s'agit d'un défaut technique ou d'une erreur humaine. Les médias espagnols précisaient que le train avait cinq minutes de retard.

Le virage en question intervient après 80 kilomètres de ligne droite sur un trajet reliant Madrid à Ferrol. En un rien de temps, les trains empruntant ce tronçon doivent passer de 200 à 80 km/h.

Mariano Rajoy sur les lieux de l'accident de train

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a annoncé jeudi trois jours de deuil national après l'accident de train.

"Je vais signer aujourd'hui un décret déclarant trois jours de deuil national dans toute l'Espagne", a déclaré Mariano Rajoy, en visite sur les lieux de la catastrophe, l'une des plus meurtrières de l'histoire du pays, à Saint-Jacques de Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne.

Le pays sous le choc tentait jeudi de comprendre les causes de la catastrophe, qui semble due à une vitesse excessive du train. Celui-ci a déraillé à quelques kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle, dans une courbe très marquée où la vitesse est limitée à 80 kilomètres heure.

Le président régional de Galice, Alberto Nuñez Feijoo, a déclaré sept jours de deuil dans la région tandis que le roi Juan Carlos et prince héritier Felipe suspendaient leurs activités officielles.

"Le train n'a eu aucun problème opérationnel" 

Le train qui a déraillé mercredi soir à Saint-Jacques de Compostelle, dans le nord-ouest de l'Espagne, causant 80 morts, "n'a eu aucun problème opérationnel" et venait de passer une révision technique le matin même, a affirmé jeudi le président de la compagnie ferroviaire publique Renfe. "Ce que nous savons, c'est que le train n'a eu aucun problème opérationnel, le train avait passé une révision le matin même", a déclaré Julio Gómez-Pomar Rodríguez, interrogé par la radio privée Cadena Cope.

"Ces trains passent une révision tous les 7.500 kilomètres, puis tous les 50.000 kilomètres, puis tous les 150.000 kilomètres", a-t-il ajouté: "pour le dire autrement, le dossier d'entretien et de contrôle du train était parfait".

De son côté, le secrétaire d'Etat aux Transports Rafael Catala a déclaré à la radio Cadena Ser que "la tragédie qui est survenue hier soir à Saint-Jacques de Compostelle paraît être liée à une infraction, (un excès) de vitesse", une hypothèse largement reprise jeudi par la presse espagnole.

"Mais nous devons encore attendre les résultats de l'enquête judiciaire et de celle menée par la commission d'enquête du ministère" des Transports, a-t-il ajouté.

Le président de Renfe s'en est lui aussi remis à l'enquête en cours, rappelant toutefois que "la zone où s'est produit l'accident a une limitation de vitesse de 80 km/h, tandis qu'un enregistrement d'un appel du conducteur en cabine, retranscrit jeudi par El Pais, évoque une vitesse de 190 km/h.

Le président a précisé que le mécanicien du train avait 52 ans, dont 30 ans d'expérience dans l'entreprise, et qu'il travaillait sur cette ligne depuis plus d'un an.

Un ingénieur ayant inspecté les lieux de l'accident jeudi matin a déclaré à l'agence dpa que la vitesse n'était sans doute pas la seule cause de l'accident.

Le roi suspend ses activités, sept jours de deuil en Galice

Le roi Juan Carlos d'Espagne et le prince héritier Felipe ont suspendu jeudi leurs activités officielles après l'accident de train qui a fait 80 morts en Galice, tandis que la région s'apprêtait à observer sept jours de deuil.

Le roi et le prince vont suspendre leurs activités "en signe de deuil", a déclaré un porte-parole de la Maison royale, pendant que le président galicien Alberto Nuñez Feijóo annonçait "le deuil le plus important de l'histoire de la région".

Pas d'informations sur d'éventuels Belges parmi les victimes

Il n'y a pour l'instant aucune indication que des Belges se trouvaient dans le train ayant déraillé mercredi soir à Saint-Jacques de Compostelle, a fait savoir le SPF Affaires étrangères jeudi. L'accident a fait 80 morts. "Il n'y a aucun Belge parmi les victimes identifiées", a indiqué Joren Vandeweyer, porte-parole adjoint du SPF Affaires étrangères. "L'ambassade de Belgique en Espagne reste en contact avec les autorités et les secours", a-t-il ajouté.

Les Affaires étrangères belges indiquent par ailleurs n'avoir pour l'instant reçu aucun appel de personnes signalant la présence de proches de nationalité belge dans ce train. 

Les Affaires étrangères continuent de suivre la situation, toutes les victimes de ce déraillement de train n'ayant pas encore été identifiées, a précisé le porte-parole des Affaires étrangères mercredi en fin de soirée. 

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a présenté ses condoléances aux familles et proches des victimes de l'accident sur le réseau social Twitter mercredi soir. Il s'est dit jeudi consterné par le lourd bilan de la catastrophe ferroviaire survenue mercredi soir à Saint-Jacques de Compostelle, au nord-ouest de l'Espagne. Dans un communiqué, il a présenté au nom du gouvernement belge et en son nom propre ses condoléances aux familles des victimes et souhaité un rétablissement rapide aux personnes blessées.