Bienvenue, M. Arnault

La demande d’obtention de la double nationalité, (belge et française) introduite par la première fortune française, Bernard Arnault, a fait l’effet d’une bombe en France. En Belgique, la prudence est de mise. Pourquoi ?

Un mot tout d’abord sur la réaction française. Que d’hypocrisie ! Depuis 48 heures, Bernard Arnault est lynché, accusé de trahison fiscale. Il est piquant de voir les tenants d’une taxation quasi confiscatoire des grosses fortunes, s’étonner que celles-ci cherchent des cieux plus cléments. Bernard Arnault ne propose rien d’illégal. Où est le mal ? Cela dit, ne soyons pas naïfs : la Belgique n’est peut-être qu’une étape avant son débarquement à Monaco, interdit aux fortunes françaises.

Mais la fiscalité n’est pas tout. Les très nombreux Français qui vivent en Belgique sont unanimes pour convenir que la Belgique est une vraie terre d’accueil, ouverte sur le monde, multiculturelle. Et qu’il fait bon y vivre. Pas vrai ?

Alors, que doit faire la Belgique ? L’accueillir, pardi. Si son dossier répond aux critères objectifs, pourquoi refuserait-on la nationalité belge à celui qui a développé un véritable empire du luxe en France et dans le monde, créant des dizaines de milliers d’emplois ? LVMH est un symbole éclatant du savoir-faire français. M. Arnault affirme vouloir développer des projets en Belgique. Coup de bluff? Surtout, que M. Arnault prouve sa bonne foi, qu’il utilise le potentiel belge : une main-d’œuvre ultraqualifiée, un savoir-faire reconnu, des infrastructures performantes et une grande stabilité politique ! Là, on plaisante, M. Arnault : c’est un autre atout belge, le sens de la dérision. Venez le tester...