Contrairement à ce qui avait été un moment envisagé, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, n’assistera pas, mardi, à la prestation de serment de Joseph Kabila, proclamé vainqueur de la présidentielle par la Cour suprême de justice de Kinshasa, vendredi dernier.

Il n’ira pas parce qu’en raison des irrégularités qui ont émaillé le processus électoral, il regrette que cette Cour suprême - réputée acquise au président Kabila - "n’ait pas usé de ses prérogatives pour un examen plus approfondi, critique et indépendant des résultats" de la Commission électorale (Ceni, présidée par un parent de Joseph Kabila), les confirmant à la virgule près.

Le nouveau ministre, en poste depuis le 6 décembre seulement, a pris la bonne décision. Il redresse ainsi un peu l’image de la Belgique, gravement écornée par la pleutrerie ou la coupable indifférence de son prédécesseur, Steven Vanackere, qui n’avait rien vu des violations de la loi électorale avant le scrutin, rien vu des irrégularités - pourtant abondamment rapportées par les observateurs et les ONG - pendant le vote, rien vu des anomalies, elles aussi très documentées, dans le comptage des voix.

Son honteux silence faisait de notre pays le complice des fraudes. Didier Reynders, par son refus de se rendre à Kinshasa mardi, rappelle que nos démocraties reposent sur certaines valeurs, notamment la condamnation de la tricherie et la solidarité avec les populations dont notre pays se dit l’ami.

Accessoirement, il freine ainsi la dégringolade de la réputation de la Belgique sur la scène internationale comme spécialiste du Congo.