L’AFP a publié mercredi un reportage au Nord-Mali occupé par des islamistes depuis le printemps, qui confirme les pires craintes des observateurs: les deux tiers nord du Mali sont devenus un sanctuaire pour djihadistes du monde entier, appuyés par des trafiquants et des adolescents perdus de toute la région.

Ce reportage va certainement - et de manière justifiée - mettre la pression sur les décideurs de ce monde. Toutefois, ceux-ci sont trop loin d’un accord en la matière pour qu’on puisse espérer une issue rapide; on doit donc s’attendre à ce que les djihadistes renforcent leurs positions au Nord-Mali, accroissant ainsi l’insécurité internationale et rendant plus difficile toute éventuelle reconquête du territoire pris en otage.

On doit le déplorer, mais il faut aussi se défier d’une intervention mal préparée, qui dégénerera encore plus sûrement que les "printemps arabes" si ses protagonistes ne s’entendent pas sur un objectif commun et un minimum de cohérence.

Or, en la matière, toutes les craintes sont permises. Le président Hollande n’a ainsi pas encore expliqué pourquoi il "reconnaîtra" le futur gouvernement rebelle en Syrie, où les islamistes domineront sans doute, tout en réclamant une opération armée contre ceux du Nord-Mali. Et que dire de l’incapacité des Maliens à présenter un front uni à l’envahisseur, et de l’ambiguïté d’Alger, dont les djihadistes sont la principale force au Nord-Mali, mais qui refuse toute intervention étrangère ?