Les admirateurs de Barack Obama ont des motifs de satisfaction : depuis la tragédie de Newtown, il y a une semaine, ils ont sous les yeux un autre Président, de nouveau sûr de lui, plus combatif, décidé à défendre des valeurs envers et contre la politique politicienne, déterminé à prendre des initiatives législatives (sur les armes à feu, sur la fiscalité, sur le budget ), et à les faire aboutir malgré une opposition républicaine susceptible de les bloquer au Congrès. Ils ont, en un mot, retrouvé "leur" Barack Obama, celui de la campagne de 2008, celui qui avait convaincu les Américains qu’ils "pouvaient", celui qui promettait de "changer" la société - le Président a symptomatiquement invoqué la nécessité de "changer" en commentant vendredi dernier les événements de Newtown

Le contexte ne saurait être plus propice. D’un côté, un Président qui ne doit plus se soucier d’être réélu et n’a rien à gagner dans des compromissions (avec ses adversaires républicains, mais aussi avec ses coreligionnaires démocrates). De l’autre, une opinion publique sous le choc et qui, dans sa majorité, selon les sondages, se dit favorable à des mesures de bon sens. Certes, même dans ces conditions a priori idéales, Barack Obama ne pourra pas accomplir de miracles : les tireurs fous ne disparaîtront pas du jour au lendemain et les coffres de l’Etat ne se rempliront pas comme par enchantement. Mais il est essentiel que le Président montre la voie et donne le ton, qu’il pousse en avant une société coincée dans des modèles dépassés, qu’il s’agisse de réflexes sécuritaires ou de politique fiscale. Après avoir bousculé les intérêts particuliers en matière de soins de santé, Barack Obama peut contribuer à changer les mentalités dans d’autres domaines.