Le gouvernement Orban s’attend à des accusations de la part de la "gauche internationale". Les coups portés seront des "mensonges et des calomnies". La "gauche internationale" ? Mais de qui parle-t-il ? Et de quelle façon en parle-t-il ? Le Parlement européen a bien annoncé qu’il débattra ce mercredi des modifications législatives adoptées en Hongrie. Mais que cette formulation suinte le mépris ! Provocateur, on y discernerait un parfum d’années trente, quand des tentacules intégraient les caricatures agressant certains mouvements sociaux ou "catégories"de personnes.

Et puis, ces attaques seront-elles foncièrement différentes des mises en demeure adressées formellement par la Commision européenne ? Tout porte à penser que non. Et il faut se placer très très loin à droite de l’échiquier politique pour classer la Commission au sein de la "gauche internationale".

M. Orban a gagné les élections haut la main et démocratiquement. Félicitations.

Cela ne lui confère pas le droit de cadenasser la législation jusqu’à ce qu’un parti (ou une coalition) réédite la performance électorale. Ni de gripper les rouages des institutions de son pays à force d’y déverser de l’huile partisane. Ni, ni, ni

La démocratie est un processus qui implique que les mesures prises en son nom soient conformes à son esprit et soumises à son contrôle en fin de mandat. Y déroger mène à sa désagrégation.

Que les eurodéputés trouvent les mots pour chatouiller la conscience du combattant de l’autoritarisme qu’était Viktor Orban. Il pourrait se souvenir que changer de cap peut être une victoire.