Après le temps de l’émotion, voici venir celui de l’action. C’est du moins ce qu’on peut espérer après l’annonce, mercredi, par le président Obama, des premières mesures destinées à réduire la violence causée par les armes à feu aux Etats-Unis. Encore faut-il qu’elles passent l’obstacle d’un Congrès contrôlé par les Républicains pour avoir force de loi, et ce n’est pas gagné. Or, même dans le cas de figure le plus favorable, d’aucuns s’interrogent sur leur efficacité, bien qu’il s’agisse de l’initiative politique la plus ambitieuse en la matière depuis des lustres.

Certes, personne, et certainement pas Barack Obama, ne croit possible d’empêcher un nouveau Newtown par la seule vertu d’un arsenal juridique renforcé. L’objectif est plus modestement (et cyniquement) de limiter l’étendue d’un éventuel prochain carnage en interdisant notamment les fusils d’assaut et les chargeurs à grande capacité qui permettent de tuer un maximum de gens en un minimum de temps.

Tout le monde se réjouira du progrès, mais les massacres commis par des déséquilibrés ne constituent qu’un aspect du phénomène - un épiphénomène, en réalité. Dans l’ombre de ces événements très médiatisés et très émotionnels, il y a la violence ordinaire causée, au coup par coup si l’on ose dire, par les armes de poing : plus de 6 000 morts par an aux Etats-Unis. Pour la combattre, il est proposé de mieux vérifier le profil des acheteurs en améliorant les fichiers. Cela s’impose, mais ne fait pas oublier que les tueurs ont souvent utilisé des armes qui ne leur appartenaient pas. Et des centaines de millions d’armes à feu sont d’ores et déjà en circulation