Viktor Orbán lâche du lest à propos des récentes modifications législatives relatives à la banque centrale hongroise. Votées par l’écrasante majorité des deux tiers dont dispose son parti au Parlement, ces réformes menacent, selon la Commission européenne, l’indépendance de l’institution financière. Les appels au respect des principes fondamentaux de l’Union européenne ont porté, peut-on penser. L’entame de trois procédures d’infraction (car il n’y a plus d’une nouvelle réglementation qui enfreint le droit communautaire) a joué son rôle, peut-on se convaincre.

Mais le Premier ministre hongrois, s’il a annoncé qu’il répondra à ces demandes, grince pourtant que cela se fera "même si cela désavantage la banque centrale". Orbán n’admet pas la grille de lecture de la Commission et se paie le luxe de la désapprouver publiquement. Il se soumettra "au pouvoir et pas aux arguments".

Il atteint pourtant là les limites de son exercice de leader que rien n’impressionne. Les arguments ne le convainquent pas mais il modifiera "sa" législation. Il se soumet au "pouvoir" en espérant obtenir la bulle d’air de 15 à 20 milliards d’euros que le FMI conditionne au respect de l’indépendance de la banque centrale hongroise. Quel type de dirigeant est-il donc ? De ceux qui n’ont de principes et de convictions que lors des meetings et les laissent au vestiaire pour les négociations ?

De la stature d’homme de conviction, Viktor Orbán semble inexorablement glisser vers celle du despote entêté.