Les affrontements survenus samedi au Caire ont fait au moins 65 morts, a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué.

Par ailleurs, le bilan des tués vendredi à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays, entre adversaires et partisans du président déchu Mohamed Morsi est passé de huit à neuf morts, a précisé le ministère.

Les violences vendredi et samedi ont également fait 269 blessés au Caire, et 479 dans le reste du pays, selon ce communiqué.

Le nombre des morts au Caire correspond pratiquement à celui obtenu dans la matinée dans l'hôpital de campagne des partisans de M. Morsi (37 morts) et ceux dénombrés par le ministère de la Santé dans des hôpitaux publics (29), soit 66 au total.

Ces personnes ont perdu la vie aux premières heures de la matinée dans des affrontements avec la police non loin de la mosquée de Rabaa al-Adawiya, dans le nord-est du Caire, où les islamistes ont établi un campement depuis un mois environ.

Les partisans de M. Morsi avaient initialement parlé de "plus de 100 morts" au Caire, mais un de ses porte-parole, Ahmed Aref, a parlé de "au moins 66 tués" dans une conférence de presse samedi après-midi. 


Les Etats-Unis "très inquiets" après l'explosion de violence en Egypte

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est dit samedi "très inquiet" après "l'explosion de violence" des dernières heures en Egypte qui a fait au moins 65 morts.

Les autorités égyptiennes "ont l'obligation morale et légale de respecter le droit de manifester de manière pacifique et de respecter la liberté d'expression", a indiqué John Kerry dans un communiqué.

"C'est un moment charnière pour l'Egypte. Il y a un peu plus de deux ans a commencé une révolution, celle-ci n'est pas encore terminée mais son issue sera marquée à jamais par ce qui est en train de se passer", a ajouté M. Kerry.

"La violence fait reculer le processus de réconciliation et de démocratisation en Egypte, mais elle a également un impact négatif sur la stabilité de la région", a-t-il encore souligné.

Le secrétaire d'Etat a précisé s'être entretenu samedi matin avec le vice-président égyptien par intérim, Mohamed ElBaradeï et avec la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

"Les Etats-Unis demandent une enquête indépendante et impartiale sur les événements de ces dernières heures", a encore demandé le secrétaire d'Etat.

"Un processus politique est nécessaire pour arriver dès que possible à un gouvernement élu attaché au pluralisme et à la tolérance. Un dialogue politique significatif, demandé par le gouvernement par intérim lui-même, doit être mené avec des représentants de toutes les tendances de la société égyptienne", a-t-il également souligné.

"Pour permettre un tel dialogue, les Etats-Unis reformulent leur appel à mettre fin aux détentions politiques et à relâcher les dirigeants des partis politiques conformément à la loi", a conclu John Kerry.