La Haut-Commissaire aux droits de l'Homme des Nations Unies, Navi Pillay, a appelé vendredi au respect des libertés fondamentales en Egypte et s'est déclarée préoccupée par les informations sur des arrestations en masse de dirigeants de la confrérie des Frères Musulmans.

 Dans sa première réaction après la destitution et l'arrestation du président Mohamed Morsi, Mme Pillay affirme qu'il "ne doit pas y avoir d'autres violences, de détentions arbitraires, d'actes illégaux de vengeance".

"Les manifestations massives de ces dernières semaines sont une indication claire que les Egyptiens veulent que soient respectés leurs droits fondamentaux", affirme Mme Pillay dans un communiqué diffusé à Genève.

"Les Egyptiens méritent de vivre dans une société dont les institutions leur garantissent le respect de leurs droits", a--t-elle ajouté, relevant que pour le moment le pays a échoué à évoluer vers une société de tolérance, fondée sur les principes des droits de l'homme et l'Etat de droit.

"J'espère que le respect des lois et un système de gouvernement respectant les droits de tous les Egyptiens -hommes et femmes- pourront être rapidement établis", souligne Mme Pillay.

Elle appelle notamment au respect de la liberté d'expression et de réunion et demande "de sérieuses mesures pour arrêter et enquêter sur les effarantes violences sexuelles -qui semblent parfois organisées- contre les manifestantes".

Ban Ki-moon s'inquiète des agressions sexuelles

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a exprimé mardi son inquiétude face aux agressions sexuelles commises à l'encontre des femmes qui participent en Egypte aux manifestations.

"J'espère vraiment que, tout en trouvant une réponse pacifique à la crise actuelle, ils (les Egyptiens) puissent accorder plus d'attention aux manifestantes puisque nous avons vu de nombreux cas d'agressions sexuelles au cours des manifestations", a affirmé M. Ban lors d'une conférence de presse à Reykjavik.

"Jusqu'à présent, je pense que la situation a été gérée de manière plutôt pacifique, mais malheureusement il y a eu des victimes, en particulier les femmes qui ont été blessées ou tuées", a-t-il poursuivi.

Le président américain Barack Obama a exprimé son inquiétude au sujet de la violence lors de ces manifestations, en ajoutant "qu'on ne peut pas parler de manifestation pacifique quand il y a des agressions contre des femmes".
En mars, Washington avait condamné l'augmentation des viols et des violences sexuelles commises en Egypte , critiquant les responsables locaux qui assurent que la responsabilité en incombe aux femmes.
Un porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a déclaré que l'administration du président Barack Obama était "très inquiète" à ce sujet.