Des cas d'agressions sexuelles à l'encontre de journalistes féminines lors de manifestations place Tahrir ont été dénoncés avec vigueur depuis l'hiver 2011. Un énième acte provoque à nouveau l'indignation : Sonia Dridi, la correspondante de France 24 au Caire, a été prise à partie, vendredi dernier, aux abords de la célèbre place Tahrir, relaye Slate.fr.

"J’ai été agrippée de partout. J’ai réalisé (plus tard), quand quelqu’un a reboutonné ma chemise, qu’elle était ouverte, mais pas déchirée. J’ai évité le pire grâce à la ceinture solide (que je portais) et l’aide d’un ami", a-t-elle affirmé à l’AFP.

Ce triste épisode en rappelle d'autres, notamment celui de Caroline Sinz, victime d'un viol en novembre 2011 alors qu'elle couvrait les manifestations pour France 3, de Lara Logan, journaliste de la chaîne américaine CBS ou encore de l'éditorialiste égypto-américaine Mona Al-Tahtawy, victime d'une agression sexuelle de la part des forces de police. Ces cas sont "ordinaires" dans l'Égypte de l'après printemps arabes, à en croire Sonia Dridi. Si bien que Reporter Sans Frontière (RSF) avait appelé les rédactions à "tenir compte et cesser momentanément d'envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte".

Selon le dernier rapport du centre égyptien pour les droits de la femme (ECWR), "plus de 2/3 des Égyptiennes ont été victimes de harcèlement sexuel (remarques obscènes, attouchements, exhibitionnisme...), dont près de la moitié au quotidien", alors que moins de 5% des femmes agressées portent plainte.

"Frustration sexuelle, mariage tardif et difficile car cher, relations sexuelles hors mariage taboues, vision conservatrice et réductrice de la femme... se conjuguent pour expliquer ce phénomène", selon des experts.

Pour réponse, le gouvernement conservateur de Mohamed Morsi a placé des caméras de surveillances dans les rues de la capitale. Les associations féministes se sont dites insatisfaites. Elles réclament des mesures de pénalisation franches.