Ce dimanche, une quarantaine d'hommes étaient arrêtés dans un hammam au Caire, en Égypte. Sur place, certains sont battus puis tous sont emmenés nus dans des camions des forces de l'ordre. La raison de cette arrestation musclée? Ces 40 hommes sont présumés homosexuels. Pour cela, ils peuvent s’attendre à de lourdes peines. En effet, depuis sa prise de pouvoir, le président Al-Sissi a intensifié la répression à l'égard des homosexuels, en passant par des rafles, des agressions et des arrestations, rappelle le Huffington Post .

Si l'Égypte ne sanctionne pas explicitement l'homosexualité, la loi égyptienne peut, contre la communauté homosexuelle, utiliser le motif de "débauche" pour donner corps à une accusation. Ainsi, en novembre dernier, un tribunal du Caire a condamné à trois ans de prison huit hommes, accusés d'avoir figuré dans la vidéo d'un "mariage gay", rapporte la BBC .

Mais l'arrestation de ce dimanche est différente: les policiers ont procédé à l'arrestation de ces homosexuels présumés car une journaliste, Mona Iraqi, les a alertés. Désireuse de capturer des images pour son émission "El Mostakhbi " (ou " Ce qui est caché ", une émission diffusée sur la chaîne pro-gouvernement Al Kahera Wal Nas) , Iraqi s'est faite reconduire à l'entrée du hamam avec son caméraman . Quelques minutes après, et surtout après le coup de téléphone de la journaliste, la police débarquait pour procéder aux arrestations, arrestations qu'Iraqi et son caméraman immortalisaient, iPhone et caméra en mains. 

© facebook

"Ces nids à perversion, ces nids à sida"

Manifestement réjouie de la tournure des événements, la journaliste a posté sur Facebook les photos de l'arrestation, sans flouter les visages des présumés homosexuels, mais en commentant: "Lors de la prochaine émission, nous vous révélerons les détails à propos des nids de perversion collectifs au cœur de la capitale... ainsi que toute l'histoire de ces nids à sida. Aujourd'hui est une belle journée... notre émission a pu dissoudre un lieu de perversion entre hommes et les capturer en flagrant délit... Mon dieu, la réussite est belle et atteindre ses buts est encore mieux..."

Sans surprise, les réactions ont été vives et rapides. Sur Facebook comme sur Twitter, activistes et sympathisants ont exprimé leur soutien à la communauté homosexuelle, avec notamment la page Facebook "Solidarity with Egypt LGBT" . Et critiquent vertement la journaliste: une "honte pour le journalisme ", "Journaliste? Vous avez du sang sur les mains!"