L'Iran a entamé des discussions avec la Turquie pour tenter de convaincre Ankara d'empêcher les jihadistes de l'organisation Etat islamique (EI) de prendre la ville stratégique de Kobané en Syrie, a affirmé jeudi un responsable politique iranien. Une prise par l'EI de la ville kurde, à quelques kilomètres de la frontière turque, est un sujet d'inquiétude pour Téhéran, principal allié du régime de Damas, comme pour Ankara, qui soutient la rébellion contre le président syrien Bachar al-Assad.

En prenant Kobané, les jihadistes s'assureraient en effet la maîtrise d'une longue bande continue de territoire à la frontière syro-turque.

"Dans nos premières discussions avec la Turquie, nous avons estimé que ce pays n'est pas en faveur d'une aggravation de la crise dans la région et nous espérons qu'il jouera un rôle positif", a affirmé le vice-ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian, cité par l'agence officielle Irna.

La Turquie "peut jouer le rôle le plus important pour aider les réfugiés à rentrer chez eux", a-t-il ajouté, affirmant que l'Iran fera tout pour aider les Kurdes de Kobané "dans le cadre du soutien au gouvernement syrien".

Les jihadistes de l'EI continuaient jeudi d'avancer vers le centre de Kobané après avoir pris un tiers de la ville, vers laquelle la Turquie voisine refuse d'envoyer des troupes.

Malgré les raids aériens de la coalition internationale pour soutenir les forces kurdes, le Pentagone a reconnu que "les frappes à elles seules ne vont pas sauver" la ville, soulignant la nécessité d'avoir des troupes "compétentes" en Syrie.

L'Iran dénonce les frappes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis dont l'objectif réel reste selon Téhéran de renverser le régime syrien.

Après le feu vert du Parlement turc à une opération militaire contre l'EI, le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a jugé qu'il n'était "pas réaliste" que son pays envoie seul des troupes combattre les jihadistes.