International Gordy Pleyers, professeur à l’UCL, nous explique comment Hillary Clinton "utilise" son mari. Entretien.


Le grand capital sympathie dont jouit encore l’ancien président des Etats-Unis, Bill Clinton, est un fait. Si Hillary, dont on ne peut pas toujours en dire autant, "utilise" son époux dans sa campagne, ce n’est pas un hasard, selon Gordy Pleyers, professeur à la Louvain School of Management (UCL), spécialiste des techniques d’influence et auteur du livre "L’endoctrinement affectif du citoyen".

Quel intérêt Hillary a-t-elle à s’afficher aussi ostensiblement avec son mari, Bill ?

Le principal intérêt tient au fait que, contrairement à sa femme - qui apparaît comme très froide, manipulatrice, faisant partie de l’establishment, pas vraiment intègre -, Bill Clinton jouit toujours d’une grande popularité. Il a un côté beaucoup plus chaleureux qui contraste avec sa femme. Dès lors, la "charge affective" positive qu’il possède assez largement dans le chef des citoyens américains a tendance à rejaillir sur Hillary Clinton. C’est donc un atout majeur, une bonne carte à jouer qu’elle détient dans son jeu.

Comment appelle-t-on ce mécanisme ?

Il s’agit d’un mécanisme d’association, de "transfert" de la charge affective qui est amplement exploité dans les pratiques de marketing commercial, où des marques s’associent régulièrement avec des éléments affectifs comme des personnes attractives, des célébrités populaires ou encore d’adorables animaux. Ainsi la marque de papier de toilette Scottex et son chiot blanc…