Les instituts de sondages n'ont rien vu venir: au terme d'un scrutin plus incertain que jamais, les conservateurs emmenés par David Cameron ont remporté les élections législatives britanniques. Ses opposants ou alliés d'hier, largement battus, démissionnent les uns après les autres.

Nick Clegg a annoncé vendredi sa démission de la tête du parti libéral-démocrate britannique, après la déroute de celui-ci. "Les résultats ont été dévastateurs", a reconnu Nick Clegg lors d'une conférence de presse à Londres. Peu après 10H30 GMT, les Libéraux-démocrates n'avaient que 8 députés (contre 56 dans le parlement sortant) alors que seules neuf circonscriptions restaient à dépouiller sur les 650 du pays.

Démission aussi pour Nigel Farage, le leader du parti europhobe Ukip, qui a été battu dans sa circonscription du South Thanet, dans son Kent natal, devancé par le candidat conservateur. "Je suis un homme de parole", a souligné l'eurodéputé de 51 ans. Il avait en effet promis qu'il démissionnerait en cas d'échec. Mais, il a ajouté qu'il allait "réfléchir cet été" s'il allait se présenter à sa propre succession en septembre. En attendant, il a proposé que la vice-présidente du parti Suzanne Evans prenne la tête de l'Ukip à titre provisoire.


Après sa défaite, l'Ukip ne devrait conserver qu'un seul de ses deux députés à Westminster avec Douglas Carswell, réélu à Clacton (sud-est). Le parti, qui obtient près de 13% des votes au niveau national, a été fortement pénalisé par le mode de scrutin uninominal à un tour. "Le temps est venu pour une réforme radicale du système politique", a déclaré M. Farage, ancien trader de 51 ans et co-fondateur de l'Ukip.

Les travaillistes y croyaient

Ed Miliband a annoncé vendredi sa démission de la tête du Parti travailliste britannique. "Ce n'est pas le discours que je voulais prononcer", a-t-il dit en introduction de son allocution devant la presse et de nombreux partisans, avant d'assumer l'"entière responsabilité de la défaite"". "Il est temps qu'un nouveau leader prenne le relais", a-t-il ajouté.

Le choc est d'autant plus violent que les instituts de sondages avaient prédit jusqu'au bout des résultats très serrés et que jusque tard jeudi, les travaillistes ont cru à leur chance de pouvoir revenir aux commandes du Royaume-Uni après cinq ans de gouvernement conservateur.

Après tout, Ed Miliband, réputé pour sa maladresse et violemment décrié dans les médias, avait réussi à éviter de gaffer et s'était même taillé un costume de premier ministrable aux yeux de l'opinion, selon les enquêtes. Même s'il partait de loin. La déception n'en a été que plus forte, provoquant immédiatement des appels à la démission non déguisées. L'ancien ministre des Sport Gerry Sutcliffe a ainsi estimé que "le moment est venu (pour Miliband) de passer le relais".

Jack Straw, ancien ministre travailliste de l'intérieur, a aussi jugé que Miliband devait réfléchir à son avenir tandis que le quotidien The Guardian, qui lui avait apporté son soutien, jugeait qu'il était très probable qu'il démissionne. Toutefois, "il y a un débat en interne sur l'opportunité qu'il reste jusqu'à ce qu'un nouveau leader soit désigné", ajoute le journal de gauche.