Le scrutin était triple ce dimanche en Grèce. Les électeurs votaient à la fois pour les européennes, pour des élections municipales et pour un scrutin régional… à quelques mois des législatives attendues au plus tard pour le mois d’octobre prochain.

De ce triple scrutin, les conservateurs de Nouvelle Démocratie sortent largement vainqueurs. Ils affichent pratiquement 10 points de plus que le Syriza, le parti de gauche du Premier ministre Alexis Tsipras. Face à ce résultat, M. Tsipras a annoncé qu’il allait convoquer des élections anticipées. La date définitive de ce scrutin sera donnée “immédiatement” après le second tour des municipales qui doivent se dérouler dimanche prochain, le 2 juin. Selon diverses sources, ce scrutin législatif pourrait se tenir dès le 30 juin.

Dès l’annonce des premiers résultats, Kyriakos Mitsotakis, le président de Nouvelle Démocratie avait appelé à la démission du gouvernement d’Alexis Tsipras.

Face à ces résultats, l’analyste politique Ilias Nikolakoulos nuance : “Syriza n’est pas perdant dans l’absolu car il est parvenu à maintenir son score des européennes de 2014. Ce qu’il a perdu, c’est son pari du vote de confiance qu’il a demandé aux Grecs à la veille du scrutin.” Reste que les conservateurs enregistrent une vraie victoire car ils retrouvent eux, leur score de 2009. Un résultat “inespéré”, selon un cadre conservateur.

Ces résultats confirment que les sondages grecs ne sont vraiment pas fiables. Jeudi, ils annonçaient une fourchette réduite entre les deux grands partis de l’ordre de 3,6  %  ! Ils annonçaient également le maintien des néonazis du parti Aube Dorée et leur accordaient même un score à deux chiffres dans certaines circonscriptions. Or, ils enregistrent dans tout le pays une baisse de 5 points qui les maintient au Parlement européen, mais qui les place à la quatrième position sur la scène politique nationale au coude-à-coude avec les communistes.

Les socialistes de retour

Ces élections marquent aussi le retour de revenants : les socialistes. Menacés de ne pas entrer au Parlement aux dernières élections, ils se retrouvent troisième parti du pays. Un score, là aussi, totalement inespéré.

Le plus étonnant, c’est la participation nettement plus élevée que prévue, probablement parce que pour la première fois les jeunes de 17 ans votaient. Un jeune électorat qui, selon les derniers chiffres disponibles, a voté à 13,3  % pour le parti néonazi d’Aube Dorée.