Les Néerlandais, pour beaucoup encore indécis après une campagne marquée par des questions d'identité et une crise diplomatique avec la Turquie, ont commencé à voter mercredi pour des législatives considérées comme un baromètre du populisme en Europe. Après le Brexit au Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, tous les yeux sont braqués sur la formation du député islamophobe Geert Wilders, qui est redescendu dans les derniers sondages après avoir caracolé en tête pendant de nombreux mois.



Mark Rutte (Volkspartij voor Vrijheid en Democratie, VVD, libéral)

Après avoir dirigé deux exécutifs (de 2010 à 2012; de 2012 à 2017), le ministre-Président sortant brigue un troisième mandat. Originaire de La Haye, ce célibataire quinquagénaire, ancien cadre chez Unilever, peut créditer à son bilan la bonne santé économique du pays. Ce qui ne l’a cependant pas empêché de courir après le PVV de Wilders sur les questions d’identité. Fasciné par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, Mark Rutte est en revanche un Européen beaucoup plus pragmatique que réellement convaincu.


Geert Wilders (Partij voor de vrijheid, PVV, populiste, xénophobe, islamophobe, anti-européen)

Trublion de la politique néerlandaise, le Limbourgeois de 53 ans a concentré l’attention médiatique sur sa personne. Celle de la presse internationale, en particulier, qui le compare parfois hâtivement, à la Française Le Pen ou au président américain Trump. Depuis dix ans, son programme s’appuie sur une islamophobie galopante. Non sans succès : il a braqué l’agenda politique sur les questions d’identité. Quand bien même parviendrait-il à faire du PVV le premier parti, on voit mal qui s’allierait à lui.


Sybrand Buma (Christen Democratisch Appel, CdA, chrétiens-démocrates)

Cantonné dans l’opposition, le CdA pourrait revenir aux affaires. Les sondages le créditent de 21 sièges, huit de plus qu’il n’en a actuellement. Sa tête de liste, le Frison d’origine Sybdrand (van Haersama) Buma ne désespère pas de coiffer le VVD et le PVV sur le poteau.

Le CdA se présente comme le parti de la mesure, celui des valeurs et de la tradition (son leader propose qu’on chante à nouveau le "Wilhelmus" à l’école), de l’économie juste et d’une société qui combine vivre ensemble et sécurité.


Alexander Pechtold (Democraten-66, D66, libéraux-progressistes)

Pour peu qu’il réalise un résultat semblable à celui que lui prédisent les enquêtes d’opinion (17 sièges, contre 12 actuellement), le parti social-libéral D66 pourrait se retrouver dans le rôle de faiseur de roi, au lendemain des élections.

La chance de D66, traditionnel parti "d’appoint", est qu’il faudra probablement quatre partis, au moins, pour former une coalition. Son leader, Alexander Pechtold (51 ans) s’est fait fort de ramener les siens au pouvoir.


Lodewijk Asscher (Partij van de Arbeid, PvdA, social-démocrate)

Plus dure sera la chute. Le PvdA risque de payer au prix fort sa participation à la coalition emmenée par le libéral Mark Rutte - les sondages prédisent qu’il passerait de 38 à 11 sièges à la Chambre basse. Pire, le PvdA - qui depuis 1982, à une exception, a toujours été, au minimum, le 2e parti au Parlement - pourrait même perdre son statut de premier parti de la gauche. C’est dire si le quadragénaire amstellodamois Lodewijk Asscher, chef du parti depuis décembre 2016, a du souci à se faire.


Emil Roemer (Socialistische Partij, SP, gauche radicale)

Emil Roemer, 55 ans, figure de proue avait fait sensation aux législatives de 2012, en portant un discours qui lui donnait des airs de Mélenchon néerlandais. Le SP a fait moins que ce que lui promettaient les sondages, mais est néanmoins devenu la troisième force de la Chambre, avec 15 sièges - plus que le PVV de Wilders.

Le score du SP devrait rester stable et il pourrait écrire l’histoire en dépassant le PvdA. Groenlinks, toutefois, lui dispute le leadership de la gauche.

© AFP