La Chine, la plus fidèle alliée de la junte birmane, a salué "l'avancée" que constituent selon elle les élections de dimanche en Birmanie, tandis que plusieurs de ses voisins asiatiques gardaient le silence face à un scrutin que l'Occident dénonce.

Comme à l'accoutumée, le soutien le plus clair aux militaires de Naypyidaw, capitale de la Birmanie, est venu de la Chine, qui s'est promptement démarquée du concert de critiques occidentales.

Le scrutin "montre un changement dans le pays dirigé par les militaires", a estimé le journal Global Times, dans un éditorial intitulé "Election en Birmanie: une avancée".

Pékin soutient "le plan de la Birmanie de transformer son système politique, mais sait qu'il faudra du temps".

La Chine est un allié-clé de la Birmanie, de même qu'un gros investisseur notamment dans les ressources naturelles. C'est aussi un important fournisseur d'armes pour la junte qu'elle a régulièrement aidée par le passé dans les discussions internationales, de par son statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. "L'Occident doit prendre l'initiative de diminuer son hostilité envers ce pays", a encore estimé le Global Times, en conseillant aux "pays voisins de la Birmanie (...) d'avoir leur propre avis, sans suivre aveuglément l'Occident".

Un message a notamment été adressé à l'Association des Nations d'Asie du sud-est (Asean), qui a intégré la Birmanie en 1997 et ne sait depuis comment gérer cette épine qu'elle a dans le pied.

Manille, assez active avec Jakarta pour tenter de faire évoluer la junte, a déploré les entraves subies par l'opposition birmane, faisant état d'une "très mauvaise" participation. "La stabilité là-bas va de pair avec la stabilité dans la région", a insisté le président philippin Benigno Aquino.

Mais ni la Thaïlande, ni l'Asean en tant que bloc, n'ont réagi. L'Asean "n'aura d'autre choix que de saluer ce simulacre d'élection et exprimer l'espoir qu'elle représentera la première étape vers des développements plus positifs", pronostique Kavi Chongkittavorn, un expert de la géopolitique régionale, dans une tribune publiée dans le quotidien thaïlandais The Nation.

Les élections "placent l'Asean dans une position difficile car elle doit être la première à endosser un résultat condamné dans le monde entier". Le président américain Barack Obama s'en est pris lui au silence de l'Inde, où il était lundi, affirmant que les démocraties ayant des aspirations mondiales ne pouvaient ignorer "les choquantes violations" dans les autres pays.

Les élections ont été "insuffisamment transparentes, ouvertes et pluralistes", a jugé le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

Le gouvernement japonais, de son côté, a emboîté le pas de Washington, Canberra, Paris, Londres et Bruxelles. Tokyo s'est dit "profondément déçue", rappelant avoir à maintes reprises enjoint la junte d'organiser "des élections libres, justes et transparentes", selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Tokyo a aussi "appelé à la libération immédiate d'Aung San Suu Kyi et à l'ouverture d'un réel dialogue avec elle et la Ligue nationale pour la démocratie".

Les élections de dimanche en Birmanie ont été "insuffisamment transparentes, ouvertes et pluralistes", a jugé lundi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon cité par son porte-parole.

"Le secrétaire général a suivi avec grande attention les élections organisées en Birmanie hier (dimanche). Le vote s'est déroulé dans des conditions insuffisamment transparentes, ouvertes et pluralistes", a-t-il dit.

Ban Ki-moon "exhorte les autorités birmanes à libérer tous les prisonniers politiques et lever les restrictions touchant Aung San Suu Kyi sans délai afin qu'ils puissent participer librement à la vie politique de leur pays", a-t-il ajouté.