Le tribunal correctionnel de Paris va annoncer mardi en début d'après-midi si le procès de Jacques Chirac dans l'affaire des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris se poursuit, en rendant sa décision sur un point de procédure soulevé par la défense d'un coprévenu de l'ex-président.

L'avocat de Rémy Chardon, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, a contesté lundi, au premier jour d'audience, un point de droit ayant empêché la prescription des faits dans le volet de l'affaire instruit à Paris (21 emplois), dans lequel comparaît son client.

Pour porter le contentieux devant le Conseil constitutionnel, Me Jean-Yves Le Borgne a déposé une Question prioritaire de constitutionnalité ( QPC ) que le tribunal doit décider de transmettre, ou non, à la Cour de cassation. Celle-ci la renverra éventuellement aux Sages du Conseil constitutionnel, dans les trois mois.

Si la QPC est rejetée, le procès se poursuit durant un mois. Jacques Chirac, qui devait initialement venir mardi, viendra mercredi, selon son entourage, la deuxième journée devant être consacrée aux nombreuses autres questions de procédure.

Si la QPC est acceptée, le procès pourrait-il se poursuivre sur le seul dossier de Nanterre? Réponse à 13h30.

Le président de la 11e chambre correctionnelle, Dominique Pauthe, a souligné lundi à deux reprises que la QPC ne portait que sur le volet parisien, qui compte dix prévenus.

Dans le volet instruit à Nanterre et portant sur sept emplois, M. Chirac est le seul prévenu. Plusieurs condamnations avaient été prononcées en 2004, dont celle d'Alain Juppé.

Premier ancien président de la République renvoyé en correctionnelle, Jacques Chirac, 78 ans, doit répondre de faits remontant au début des années 1990, quand il était maire de Paris.

Renvoyé devant la justice pour "détournement de fonds publics", "abus de confiance" et "prise illégale d'intérêt", il encourt dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

La principale victime, la Ville de Paris, est absente, ayant renoncé à se porter partie civile après un accord d'indemnisation de 2,2 millions d'euros conclu en septembre 2010 avec l'UMP et Jacques Chirac.

L'association de lutte contre la corruption Anticor, ainsi que quelques particuliers, se sont constitués parties civiles.