Le roi Albert II a exprimé son horreur devant les attentats commis mardi aux Etats-Unis. «Il exprime son horreur, son profond chagrin et adresse sa sympathie aux familles des victimes», a précisé le porte-parole du Palais.

C'est au nom de l'Union européenne que se sont exprimés, de leur côté, le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères. Depuis l'Ukraine, où ils étaient en visite officielle, Guy Verhofstadt et Louis Michel se sont déclarés «choqués» à l'annonce des attentats. La présidence en titre des Quinze ajoutait «la totale solidarité de l'Union européenne avec les Etats-Unis». Les ministres belges condamnaient ces actes qualifiés de barbares ainsi que toute forme de terrorisme, affirmant «leur volonté de s'y opposer par tous les moyens possibles». En rentrant de Yalta hier soir, le Premier ministre qualifiait encore les événements de «véritable tragédie pas seulement pour les Etats-Unis mais pour le monde entier».

QUELQUE INQUIÉTUDE À LIÈGE

Dans l'immédiat, cette «opposition au terrorisme» passait par des mesures de sécurité prises dans l'urgence, évoquées par ailleurs. Elles retenaient un comité de crise du Ministère de l'Intérieur, puis un Comité ministériel restreint hier soir.À ces questions de sécurité aussi, la présidence européenne donne une signification inhabituelle.

C'est ainsi que le bourgmestre de Liège, qui accueille dans moins de quinze jours un sommet EcoFin déjà assez entouré d'appréhensions, se disait inquiet par les événements

«terribles» d'hier: «C'est un élément neuf qu'il faut prendre en compte. Il faut veiller à ce que des personnes incontrôlables ne se faufilent pas dans les ONG et les manifestants», disait - ou confirmait - Willy Demeyer. Encore que Jean-Marie Claes, le directeur coordinateur de la police fédérale, se refusait à être alarmiste: «Il n'y a aucune liaison entre le sommet des ministres européens et les terroristes», confiait-il à l'agence Belga.

Reste qu'on ne peut faire abstraction des défis lancés, même au loin, par des terroristes-kamikazes. Le PS demande que «les mesures de sécurité entourant les bâtiments des institutions internationales à Bruxelles soient renforcées». Tandis que le PSC, à toutes fins utiles, «apporte son soutien à toutes les mesures de précaution que les autorités belges et les services de sécurité de notre pays prennent ou prendront».

Qu'ajouter, pour le reste, sur ces messages de condoléances où doivent se mêler le sincère et le convenu? Hervé Hasquin, le ministre-président du gouvernement de la Communauté française, a dû trouver... le mot juste en écrivant à l'ambassadeur des Etats-Unis: «Les mots me manquent». Dans la foulée, son homologue du gouvernement wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe, après avoir longtemps hésité, lâchait finalement un communiqué pour dire: «On voudrait pouvoir aider, mais on se sent impuissant»... Et les uns et les autres (Daniel Ducarme, André Flahaut, Laurette Onkelinx, Magda De Galan, Brigitte Ernst, Isabelle Durant...) de se dire tour à tour consternés, indignés, horrifiés.

«C'est une catastrophe», estimait également Philippe Bodson, le patron de Lernout&Hauspie qui a immédiatement envoyé un message de soutien par courrier électronique à tous ses collaborateurs américains. Une catastrophe qui va «entraîner un changement d'attitude dans les esprits. On s'imaginait la guerre froide terminée, maintenant surgit la menace terroriste», souligne-t-il encore. Comme tout le monde, il se dit «perplexe» face aux conséquences notamment en terme de sécurité et de confiance des gens que pourra voir un tel événement. Sans parler des lourdes répercussions économiques...

UN MALAISE

Inquiétude et indignation aussi, bien sûr, du côté du Comité de coordination des organisations juives de Belgique. «Un tel scénario catastrophe, je ne l'aurais jamais imaginé,

nous dit Viviane Teitelbaum, présidente de la section belge du Congrès juif mondial. J'ai bien lu, il y a peu, un bête roman où on envisageait la destruction d'Israël de l'intérieur, exactement de cette manière, mais je n'ai pas cru une seconde que c'était possible».

La responsable, qui a vécu naguère aux Etats-Unis, rappelle aussi la crainte où vivent les Juifs, un peu partout dans le monde, devant la montée du terrorisme: «On voit de plus en plus de gens agressés physiquement parce qu'ils sont Juifs. Ce malaise existe aussi dans notre communauté en Belgique. Nous avons demandé au ministre de l'Intérieur de renforcer la sécurité autour des écoles et des synagogues».

© La Libre Belgique 2001