Gilets jaunes contre gilets jaunes. Les deux camps ne sont reconnaissables qu'à la direction des coups portés, dans une vidéo tournée à Lyon ce week-end. Derrière ces coups, des militants des deux extrêmes, qui profitent du mouvement pour tenter de faire passer leurs idées... et se heurtent à celles de leurs opposés.

Dans ces manifestations qui se revendiquent apolitiques, tant l'extrême droite que l'extrême gauche veulent tirer leur épingle du jeu depuis bien longtemps. Le 26 janvier, à Paris le cortège du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, extrême gauche) est attaqué. Cette agression sera revendiquée par la suite par un groupe d'extrême droite appelée "Les Zouaves Paris".


Retour quelques semaines plus tôt: le 8 décembre, déjà, les mêmes scènes, à nouveau à Paris. "Antifas" contre des royalistes de l'"Action française". Et toujours gilets jaunes contre gilets jaunes.


Encore plus tôt, le 1er décembre, c'est un leader de l'ultra-droite qui est agressé. Yvan Benedetti, ex-membre du FN et ancien président du groupe ultranationaliste "L'Oeuvre française", l'indiquera lui-même sur les réseaux sociaux après que la vidéo soit présentée, dans un premier temps, comme un affrontement entre gilets jaunes et "casseurs".

La police, bien au courant de ces infiltrations et de ces affrontements, semble prendre la mesure du phénomène, au contraire des autorités. Dans un reportage de Franceinfo, une source policière explique: "Cela fait un moment qu'on alerte nos autorités, mais c'est minimisé. Au ministère de l'Intérieur, on nous dit que c'est la guerre des boutons, alors que c'est de plus en plus violent. Nous, ce qu'on craint, c'est une nouvelle affaire Méric (Clément Méric, militant d'extrême gauche, est décédé lors d'une rixe entre nationalistes et gauche radicale en 2013, ndlr), qu'un membre de l'ultragauche ou de l'ultra-droite meure sous les coups lors d’une manifestation des gilets jaunes".