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Le Parlement irakien va enquêter sur sept milliards de dinars (six millions de dollars) endommagés, selon la Banque centrale, par une inondation dans une banque publique, une explication jugée mardi "peu claire" par un député.

Alors que de nouveaux billets ont été réimprimés pour remplacer ceux abîmés, le gouverneur de la Banque centrale Ali Allaq, qui n'était pas à ce poste lors de l'incident en 2013, a dû répondre aux questions de parlementaires lundi.

En 2013, a-t-il dit, "des coffres de la banque al-Rafidein ont été inondés par la pluie et cette eau a endommagé des billets pour une valeur de près de sept milliards de dinars".

Il a ajouté que la Banque centrale avait dû réimprimer des billets en remplacement, assurant que cette opération n'avait coûté que l'impression, la valeur des billets eux-mêmes étant restée la même.

"La réponse du gouverneur de la Banque centrale n'est pas claire. Il dit que les billets ont été détruits" mais les parlementaires en veulent aujourd'hui la preuve, a déclaré mardi à l'AFP Hoshyar Abdallah, député du parti d'opposition kurde Goran et membre de la commission des Finances du Parlement.

En raison de ces interrogations, "le Parlement va enquêter", a-t-il ajouté.

Le député s'est notamment demandé comment la pluie avait pu inonder les coffres dans la banque.

L'Irak est régulièrement le théâtre de manifestations dénonçant la gabegie de l'Etat, l'impéritie des dirigeants et la déliquescence des services publics.

La question de l'argent stocké dans les caisses publiques est particulièrement sensible en Irak, classé 12ème par Transparency International dans sa liste des pays les plus corrompus au monde.

La prévarication, les contrats fantômes et les emplois fictifs ont coûté en 15 ans, selon le Parlement, l'équivalent de 194 milliards d'euros d'argent public, soit près de trois fois le budget de l'Etat et même plus que le Produit intérieur brut (PIB) de l'Irak.