Des dizaines de milliers de personnes étaient réunies samedi à Istanbul pour un meeting du président turc Recep Tayyip Erdogan qui n'a plus qu'une semaine pour convaincre les électeurs de voter "oui" au référendum sur l'extension de ses pouvoirs.

"Le 16 avril, voulez-vous dire 'oui' à une Turquie forte?", a demandé M. Erdogan à la foule, qui lui a répondu avec un "Oui!" tonitruant.

"Voulez-vous une grande Turquie? Voulez-vous dire 'oui' à la stabilité? Seras-tu au rendez-vous Istanbul?", a-t-il poursuivi.

Les Turcs sont appelés à voter le 16 avril sur une réforme constitutionnelle controversée qui renforcerait considérablement les pouvoirs du président turc.

A une semaine du référendum, les analystes prévoient un résultat serré, malgré une nette domination de la campagne du "oui" dans les médias.

Recep Tayyip Erdogan s'exprimait samedi sur une scène immense installée sur l'esplanade de Yenikapi, au bord de la mer de Marmara, à laquelle il a accédé par hélicopère, sous les hourras de la foule.

C'est à cet endroit-même qu'il avait délivré un discours de solidarité nationale devant des centaines de milliers de personnes le 7 août 2016, peu après le putsch manqué de la mi-juillet, imputé par Ankara au prédicateur islamiste Fethullah Gülen, qui dément ces accusations.

En revenant sur ce terrain, les autorités espéraient clairement jouer sur l'émotion de ce précédent meeting.

Reprenant un argument-clé de sa campagne pour le référendum, M. Erdogan a martelé que ceux qui souhaitent une victoire du "non" le 16 avril sont les partisans de Fethullah Gülen ainsi que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation "terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux.

Le président turc a également assuré que les partisans du "non" s'étaient opposés à ses grands projets d'infrastructures visant à transformer la Turquie.

"Ils ont dit 'non' aux ponts. 'Non' à la Turquie moderne", a-t-il déclaré, arpentant la scène devant la marée rouge et blanche de drapeaux turcs brandis par la foule.

Si elle est adoptée, la réforme constitutionnelle conduira à la suppression du poste de Premier ministre et autorisera notamment le président à nommer et révoquer les ministres et à intervenir directement dans le domaine judiciaire.

Selon les dirigeants turcs, la révision constitutionnelle, qui pourrait permettre à M. Erdogan de rester au pouvoir jusqu'en 2029, est nécessaire pour doter la Turquie d'un exécutif fort, capable d'affronter les défis économiques et sécuritaires. Mais l?opposition estime qu'elle accorderait trop de pouvoirs au président, déjà accusé de dérive autoritaire.