La droite espagnole "modifiera" au nom du "droit à la vie" la loi sur l'avortement votée en 2010 sous l'impulsion du gouvernement socialiste si elle l'emporte aux législatives du 20 novembre, selon le programme électoral du Parti populaire (PP) divulgué dimanche.

Cette loi s'était heurtée à l'hostilité d'une partie de la droite conservatrice et de l'Eglise catholique.

Avec celle autorisant le mariage homosexuel, votée en 2005, elle est au coeur du dispositif législatif mis en place par les socialistes, au pouvoir depuis 2004, sur les questions de société, qui a fait de l'Espagne, malgré sa forte tradition catholique, l'un des pays les plus progressistes d'Europe dans ces domaines.

Le PP, favori pour remporter les élections, ne précise pas toutefois quelles propositions il fera en matière d'avortement. "Nous changerons le modèle de la législation actuelle relative à l'avortement afin de renforcer la protection du droit à la vie ainsi que des jeunes filles mineures", annonce le programme dont un résumé a été rendu public dimanche par les médias espagnols.

"La maternité doit être protégée et soutenue. Nous défendrons une loi de protection de la maternité avec des mesures d'aide aux femmes enceintes, en particulier celles qui sont en situation difficile", ajoute le texte. "Nous favoriserons les réseaux de soutien à la maternité", affirme encore le programme du Parti populaire.

La loi actuelle avait établi pour la première fois en Espagne la notion d'interruption volontaire de la grossesse (IVG) alors qu'auparavant l'avortement n'était autorisé qu'en cas de viol, de malformation du foetus ou de danger pour la mère.

Selon la loi en vigueur, les femmes peuvent avorter librement jusqu'à 14 semaines de grossesse et jusqu'à 22 semaines en cas de "risque pour la santé" de la mère et/ou "de graves anomalies du foetus".