La chancelière allemande Angela Merkel a été espionnée via son téléphone portable par les Etats-Unis dès 2002, rapporte samedi l'hebdomadaire Der Spiegel sur son site internet. D'après le newsmagazine allemand, le GSM d'Angela Merkel a été placé dès 2002 sur une liste établie par un service spécial de la NSA, le Special Collection Service (SCS). Quelques semaines avant la visite de Barack Obama à Berlin en juin 2013, le téléphone portable de la chancelière se trouvait toujours sur cette liste.

Le magazine indique qu'il n'a pas pu déterminer à l'aide de cette liste la manière dont le GSM de Mme Merkel était espionné. Le document ne permet en effet pas de savoir si les conversations de la chancelière étaient enregistrées ou si ses données de connexions étaient collectées.

Barack Obama a affirmé à Mme Merkel, mercredi lors d'un entretien téléphonique, qu'il ignorait qu'elle faisait l'objet d'une surveillance. Le président américain a indiqué qu'il aurait directement mis fin à ces activités d'espionnage s'il en avait eu connaissance, d'après le Spiegel.

Selon le quotidien populaire allemand, Bild am Sonntag, Barack Obama était cependant bien au courant de la surveillance effectuée. Il aurait été mis personnellement au courant en 2010 par Keith Alexander, le directeur des services secrets américains. "Obama n'a rien fait pour interrompre cette surveillance", d'après un collaborateur haut placé de la NSA, cité par le Bild.

Le gouvernement suisse va mieux sécuriser ses communications

La Suisse va mettre en place une nouvelle technologie qui lui permettra de mieux protéger les communications gouvernementales, a annoncé dimanche le président Ueli Maurer, alors que nombre de gouvernements dans le monde s'inquiètent de l'espionnage pratiqué par les Etats-Unis.

"Nous allons mettre en place dans les jours ou semaines qui viennent une nouvelle technologie (qui) apportera une sécurité supplémentaire pour les conseillers fédéraux", a-t-il déclaré à l'hebdomadaire Schweiz am Sonntag.

Sans donner plus de détails sur la façon dont fonctionnerait ce nouveau système, il a reconnu que cette décision faisait suite aux révélations sur la façon dont l'agence de renseignement américaine NSA a espionné les communications de gouvernements étrangers, y compris de chefs d'Etat de pays alliés.

Même s'il n'y a aucune preuve que la NSA ait écouté des membres du gouvernement suisse, il a estimé que ce n'était pas exclu.

Le fait que les Etats-Unis auraient mis sur écoute le portable de la chancelière allemande Angela Merkel montre "de quoi sont capables les agences de renseignement aujourd'hui, et que, apparemment, toute personne qui détient des informations intéressantes doit s'attendre" à être peut-être espionnée.

Il a souligné que, pour les appels importants, les membres du gouvernement suisse utilisaient obligatoirement le réseau fixe de téléphone. "J'utilise mon portable presque exclusivement pour la famille", a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs, dans une autre interview, cette fois au SonntagsZeitung, jugé inadmissible l'espionnage pratiqué par la NSA sur des dirigeants de pays alliés.

"On ne peut pas surveiller et espionner ses amis. C'est ainsi qu'on perturbe la confiance entre Etats", a-t-il déclaré. "Même si on est grand et puissant, on ne peut pas s'asseoir sur les petits et écouter leur téléphone".

"Nous ne savons pas si tout ceci n'est que le sommet de l'iceberg, et si d'autres gouvernements agissent de la même façon", a-t-il encore ajouté.