Les Etats-Unis et la Russie ne sont "pas condamnés à une rivalité de guerre froide" mais Moscou doit "changer son comportement", a déclaré mardi le secrétaire d'Etat américain Pompeo devant le Forum économique mondial de Davos. "Nous ne sommes pas voués à être antagonistes. Nous pouvons faire mieux que cela", a-t-il insisté par vidéoconférence depuis Washington, où il a dû rester, au lieu de se rendre en Suisse, en raison du "shutdown" qui paralyse partiellement les administrations fédérales des Etats-Unis.

"Mais pour cela il faudra un changement russe dans leur manière de penser et dans leur comportement dans le monde", a-t-il ajouté.

Ce "changement de comportement" doit porter avant tout "sur l'Ukraine et sur ce qu'ils ont fait pour influencer les élections ici aux Etats-Unis et partout dans le monde", a estimé Mike Pompeo. "Ces comportements ne peuvent pas être ceux d'une nation qui veut être membre de la communauté internationale".

Le chef de la diplomatie américaine a toutefois dit penser que le Kremlin de Vladimir Poutine peut rentrer "dans le droit chemin", celui "de l'Etat de droit et de la liberté". "S'ils font cela, je suis confiant quant à la possibilité de voir nos deux nations croître côte à côte", a-t-il ajouté.

Donald Trump avait promis, avant son élection à la Maison Blanche, de se rapprocher avec la Russie. Mais toutes ses tentatives ont jusqu'ici buté sur la résistance d'une partie de son administration républicaine et sur le Congrès, très hostile à Moscou, sur fond d'enquête sur des soupçons de collusion entre l'équipe de campagne du milliardaire et le Kremlin.

S'il ne voit pas d'antagonisme irrémédiable avec la Russie, Mike Pompeo a en revanche classé la Chine parmi les principales "menaces" actuelles, avec "son modèle économique étatique, son bellicisme à l'égard de ses voisins, et son Etat totalitaire à l'intérieur de ses frontières".