Plusieurs cortèges bariolés ont été formés pour dénoncer les restrictions imposées depuis le mois de mars par le chancelier Sebastian Kurz à la population pour tenter d'endiguer l'épidémie de coronavirus, a constaté une journaliste de l'AFP.

Fin décembre, le gouvernement autrichien a décrété un troisième confinement pour ralentir la propagation de la pandémie. Les magasins non essentiels, les lieux culturels, les salles de sport, les écoles et les facultés sont fermés.

"Les chiffres qu'on nous sort concernant les morts, c'est de la foutaise. Je n'ai pas envie de finir comme en Chine où on a rien le droit de faire", a réagi une femme se prénommant Gabi, près d'une banderole "Vous êtes la maladie, nous sommes le remède".

"On est des adultes! Depuis un an, je sors tout le temps et je l'ai pas attrapé, le coronavirus. Pas question que je me fasse vacciner", a-t-elle ajouté, interrogée par l'AFP.

Brandissant de nombreux drapeaux autrichiens, la plupart des participants ne portaient pas de masques et ne respectaient pas la distance réglementaire imposée par la loi. Les forces de l'ordre ont procédé à des verbalisations.

L'ex-vice-chancelier d'extrême droite Heinz-Christian Strache a participé à ce rassemblement, sans présenter lui non plus de protection buccale contre le coronavirus.

"Jetez enfin ce chiffon sale", a intimé l'une des intervenantes, qui s'exprimait par le biais d'un haut-parleur.

De très nombreuses études scientifiques ont démontré l'utilité des mesures sanitaires telles que le port du masque ou la distanciation sociale, pour limiter les risques de contamination.

Sur certaines pancartes était dénoncé un "grand remplacement" de la population par le biais de la pandémie, une théorie conspirationniste.

Une contre-manifestation de militants d'extrême gauche rassemblant environ 500 personnes selon la police a également eu lieu pour s'indigner de "la folie des antimasques".

L'Autriche, qui compte 8,9 millions d'habitants, avait enregistré samedi 7.053 décès imputés au Covid-19.

Un groupe d'experts a recommandé à Sebastian Kurz de ne pas lever les restrictions comme prévu le 25 janvier, alors que les contaminations ne baissent pas et que le variant repéré initialement en Grande-Bretagne gagne du terrain.

Au contraire, ce conseil scientifique a recommandé de rendre obligatoire le télétravail et de prolonger le confinement. Le gouvernement doit rendre public dimanche de nouvelles mesures.