Patrick et Isabelle Balkany condamnés à plusieurs années de prison ferme pour blanchiment aggravé de fraude fiscale

Patrick et Isabelle Balkany condamnés à plusieurs années de prison ferme pour blanchiment aggravé de fraude fiscale
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AFP

Patrick et Isabelle Balkany, anciennes figures de la droite française et édiles de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), ont été condamnés mercredi en appel respectivement à 5 et 4 ans de prison ferme, sans incarcération immédiate, pour blanchiment aggravé de fraude fiscale.

La cour d'appel de Paris a alourdi la peine de l'ancien maire, condamné en outre pour "prise illégale d'intérêt", jugeant qu'il avait bénéficié d'avantages en nature dans le cadre d'un gros contrat immobilier de la ville. Le couple se voit aussi infliger dix ans d'inéligibilité et chacun des époux une amende de 100.000 euros.

"Une des plus graves atteintes à la probité"

Loin de l'image du puissant baron de la droite française bataillant sans relâche avec ses juges, entre coups de colère et boutades sur l'évasion fiscale, c'est un homme très amaigri qui avait quitté la prison parisienne de la Santé à l'issue de l'ultime procès de ses années fastes.

Pour sanctionner "une des plus graves atteintes à la probité", le parquet général avait demandé cinq ans de prison, dont un an avec sursis, et dix ans d'inéligibilité contre l'édile qui dirigeait la commune cossue des Hauts-de-Seine depuis 1983 presque sans discontinuer. Il a donc été entendu.

Fraude "malicieuse"

Les Balkany sont soupçonnés d'avoir dissimulé 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse à Saint-Martin et Dar Guycy à Marrakech.

S'ils ont reconnu la propriété de la villa antillaise, ils contestent toujours le montant des avoirs en cause et se targuent de n'avoir jamais détourné "un centime d'argent public".

Le couple continue de nier la possession d'un riad à Marrakech en dépit des peignoirs brodés aux initiales "PB", des livres dédicacés et des meubles payés par Isabelle Balkany retrouvés dans la villa saharienne.

En première instance, le 18 octobre, le tribunal avait déjà condamné Patrick Balkany à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé, avec incarcération immédiate, et son épouse à quatre ans d'emprisonnement mais sans mandat de dépôt. Tous deux avaient été condamnés à dix ans d'inéligibilité, et la saisie de leurs biens avait été ordonnée.