MSF appelle Athènes et l'UE à cesser leur "approche meurtrière" envers les migrants

L'organisation Médecins sans frontières, "outrée par la crise" migratoire persistante sur les îles grecques, appelle Athènes et les dirigeants européens à "mettre fin à leur approche meurtrière" d'enfermement des demandeurs d'asile dans des camps où leur santé se détériore.

MSF appelle Athènes et l'UE à cesser leur "approche meurtrière" envers les migrants
©AFP

Près de 10.000 migrants vivent actuellement confinés dans les "hotspots", également appelés Centres de réception et d'identification, de cinq îles grecques en mer Egée (Lesbos, Samos, Chios, Leros, Kos).

MSF juge "répugnant que les autorités européennes et grecques continuent leurs projets de nouveaux camps fermés" sur ces îles, avec "l'intention d'institutionnaliser l'approche des hotspots à travers le nouveau pacte européen de l'asile et des migrations", selon un rapport publié en fin de semaine.

"L'approche des hotspots", née au pic de la crise migratoire pour faciliter l'identification des migrants à leur arrivée en Europe, est en Grèce "étroitement mêlé" à l'accord UE-Turquie de 2016 "qui s'est révélé être un désastre", poursuit le rapport de MSF, fustigeant les "conditions dégradantes et inhumaines" des hotspots.

Entre 2019 et 2020, les cliniques de MSF à Lesbos, Samos et Chios y ont traité près de 1.400 personnes souffrant de troubles mentaux.

De 2019 à mai 2021, MSF a fourni plus de 43 millions de litres d'eau aux migrants de Samos, où l'eau n'était pas potable.

"Il est choquant de constater que le hotspot de Moria sur l'île de Lesbos (détruit par le feu en septembre 2020, ndlr) sert désormais de modèle pour un nouveau centre de type carcéral à Samos", écrit Iorgos Karagiannis, chef de mission de MSF.

Situé dans une zone isolée, le camp de Samos, qui doit ouvrir avant l'été selon le ministère grec des Migrations, "accueillera des personnes dans des conteneurs, entourés de fils barbelés, avec des entrées et sorties contrôlées" qui contribuera encore "à détériorer la santé mentale des personnes, à provoquer une nouvelle crise de protection et à rendre encore plus invisible la souffrance des personnes piégées sur les îles grecques", ajoute M. Karagiannis.

En conclusion, MSF recommande l'évacuation des hotspots vers le continent grec ou d'autres Etats européens, appelle à "l'arrêt immédiat" de la construction de nouveaux hotspots sur ces îles, et à mettre fin à l'approche de confinement "meurtrière et dangereuse".

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